"Le verdict du tribunal est juste et légitime. Je souhaite maintenant que Saddam soit pendu entre le mausolée de l'imam Hussein et celui de Abbas, ici à Kerbala", a demandé Ahmed Al-Safi, lors de son prêche hebdomadaire dans le mausolée de l'imam Hussein.
"Nos blessures ne guériront pas tant que le gibet n'aura pas été installé ici, pour appliquer la sentence. Ceux qui pensent que cette exécution ne fera qu'envenimer la situation se trompent, bien au contraire", a-t-il ajouté.
"Tant que l'appel est en cours, je crains une tentative de manipulation", a avoué le cheikh.
Ahmed al-Safi est le représentant du grand ayatollah Ali Sistani, la plus haute autorité chiite en Irak, à Kerbala, à 110 km au sud de Bagdad.
Dans son prêche à Najaf, l'autre ville sainte chiite située à 160 km au sud de Bagdad, l'imam Sadr Eddine al-Qobanji a appelé à exécuter rapidement le président déchu.
"Coupez la tête du serpent et le terrorisme cessera", a assuré cet imam, alors que les fidèles ont répondu en choeur: "La pendaison pour Saddam est la moindre des punitions".
A Koufa, une localité près de Najaf, cheikh Jaber al-Khafaji, un adjoint du chef radical Moqtada Sadr, a lancé un appel similaire, réclamant que Saddam Hussein soit exécuté rapidement et critiquant les pays qui veulent, selon lui, protéger Saddam Hussein en lui épargnant le gibet.
L'ex-président irakien Saddam Hussein a été condamné dimanche à la pendaison par le Haut tribunal pénal irakien, pour l'exécution de 148 villageois chiites de Doujaïl dans les années 1980, en représailles à un attentat contre le convoi présidentiel dans ce village au nord de Bagdad en 1982.
Une procédure d'appel automatique a été engagée.
De nombreux pays ont critiqué le verdict, par opposition à la peine de mort ou de peur que l'exécution de Saddam n'entraîne de nouvelles violences dans un pays déjà au bord de la guerre civile, où jusqu'à 150.000 personnes sont mortes depuis l'invasion américano-britannique de mars 2003, selon le ministère de la Santé.
Source: AFP