Il s'agit de la première sanction prononcée par une cour d'assises pour l'incendie d'un lieu de culte et, à l'issue de l'audience, l'ensemble des parties se disaient "satisfaites".
Michel Guégan, 25 ans, surnommé SS par ses amis et considéré comme "l'idéologue du groupe" par le directeur d'enquête, a été le plus lourdement condamné, avec cinq ans de prison ferme.
Nicolas Paz, 29 ans, ancien hooligan dans les tribunes du Paris-Saint-Germain, a écopé de cinq ans de prison, dont un avec sursis. Anthony Savino, 24 ans, alors militaire au 27e bataillon de chasseurs alpins (BCA), est condamné à cinq ans, dont deux avec sursis. Tous deux ont une obligation de soin et trois ans de mise à l'épreuve.
Michel Guégan et Nicolas Paz, qui comparaissaient détenus, resteront donc en prison. Un mandat de dépôt a été prononcé à l'encontre d'Anthony Savino.
Le quatrième accusé, Damien Gallaud, 26 ans, qui avait suivi Nicolas Paz par amitié mais sans idéologie, est condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis. Il ne retournera pas en prison, ayant déjà passé un an en détention préventive.
Les peines sont globalement inférieures aux réquisitions de l'avocat général, qui avait demandé aux jurés d'envoyer "un signal fort à tous les îlots d'intolérance", en prononçant des peines de prison de 9 ans pour Michel Guégan, 7 ans pour Nicolas Paz, 5 ans pour Anthony Savino et un an pour Damien Gallaud.
Me Marc Dufour, l'un des avocats de Nicolas Paz se félicitait, après l'audience, de cette "décision courageuse et équitable". "Il fallait punir, mais ne pas (leur) faire porter le poids d'une France à la dérive", a-t-il déclaré.
"C'est une décision juste, qui respecte les intérêts de tout le monde", a renchéri Me Karine Djinderedjian, avocate du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap).
Dans la nuit du 4 au 5 mars 2004, les quatre hommes s'étaient séparés en deux groupes. D'un côté, Anthony Paz et son ami Damien Gallaud se chargeaient de la salle de prière de Seynod. De l'autre, Anthony Savino et Michel Guégan, qui s'étaient rencontrés au 27e BCA, s'en prenaient à la mosquée d'Annecy.
Huit mois plus tard, un témoin signalait à la police qu'un des ses voisins avait des croix gammées à ses fenêtres et qu'il écoutait des chants nazis: il s'agissait de Michel Guégan. En recoupant ses appels téléphoniques, la police avait interpellé les quatre auteurs en février 2005 Ils avaient immédiatement avoué.
Source: AFP