Fin 2004, M. Ramadan avait dû renoncer à venir enseigner à l'Université Notre-Dame (Indiana, nord-est). Depuis, les autorités ne sont pas revenues sur leur décision, et M. Ramadan n'a pas pu honorer plusieurs invitations aux Etats-Unis.
Saisi par plusieurs associations, parmi lesquelles le puissant groupe de défense des libertés civiles ACLU ou l'Association américaine des professeurs d'université (AAUP), un juge de New York avait ordonné en juin au gouvernement de justifier son refus.
En septembre, le gouvernement avait expliqué que sa décision était motivée par le fait que M. Ramadan a versé 600 euros au "Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens", placé en 2003 par Washington sur une liste noire.
Lundi, les mêmes associations ont relancé leur plainte: "le gouvernement utilise les lois sur l'immigration comme un moyen de censurer le débat académique et politique à l'intérieur des Etats-Unis", a expliqué l'ACLU dans un communiqué.
Selon l'ACLU, de nombreux autres intellectuels ont été empêchés de se rendre aux Etats-Unis ces derniers mois, parmi lesquels un professeur sud-africain pacifiste, un historien bolivien défenseur des peuples indigènes, un professeur grec marxiste et un historien militant de la cause basque.
Intellectuel controversé, petit-fils du fondateur des Frères musulmans égyptiens, Tariq Ramadan vit à Genève et enseigne notamment à l'Université britannique d'Oxford.
Source : AFP