L’édifice surprend par sa modernité. Construite en 1965 puis rénové en 1987 à l’ouest de la place Merdeka, au cœur de Kuala Lumpur, cette mosquée est, comme nous le fait remarquer avec fierté un fidèle, « l’une des plus grandes de l’Asie du Sud-Est », mais aussi l’une des plus chères, puisque sa construction a coûté dix millions de dollars. S’étirant vers le ciel, son minaret, fin et élancé, fait 73 m de haut. Un ascenseur, inaccessible aux visiteurs, conduit au sommet.
Le bâtiment moderne se reflète dans les bassins rectangulaires aux alentours. Les toits verts, bleus et blancs, posés délicatement en accordéon, tranchent avec les lignes épurées de la bâtisse. L’architecture est symbolique : ce toit principal représenterait un parapluie ouvert à dix-huit « baleines », comme les treize fédérations malaises et les cinq piliers de l’Islam.
Puis apparaissent les façades, qui reprennent le motif des moucharabiehs ornant les fenêtres, pour « voir sans être vu » à travers une figure géométrique complexe. Dans la salle des prières, les couleurs bleutées dominent. Au-dehors, les fontaines de l’esplanade reprennent le motif décoratif de l’étoile à huit branches. Au-dessus du City Point voisin (l’équivalent de la mairie), se dresse une tour qui rappelle les motifs de l’architecture traditionnelle arabe.
Les règles pour la visite sont affichées à l’entrée, une tenue correcte est exigée : pas de shorts, pas de mini-jupes. Les femmes doivent revêtir un foulard sur la tête. Des blouses nous sont fournies si besoin.
C’est intéressant de savoir qu’un musée est situé derrière la Mosquée nationale. Un musée de toute beauté qui a ouvert ses portes en 1998. Il faut grimper pour arriver à cette avancée de verre, où des panneaux de revêtements en mosaïques de céramique accueillent le visiteur. Dans le hall d’entrée, on admire un dôme inversé d’influence persane (encore plus beau du 1er étage !).
Ce musée, d’une surface de 30 000 m2, est consacré au patrimoine artistique du monde musulman : on découvre ainsi que les liens de la Chine avec le monde arabe remontent à la route des épices et à celle de la soie. On peut admirer des brûle-parfums et un bel aspersoir d’eau de rose en porcelaine avec son col d’argent. Dans la section consacrée à l’Inde, l’art de la guerre prime, avec de beaux poignards moghols composés d’un manche en jade avec lame damassée et incrustation d’or. Sublime !
La Malaisie n’est évidemment pas oubliée avec de beaux tissus (les fameux ikhats) et le kriss, poignard malais, l’arme nationale encore portée de nos jours. On lui prête même une âme, qu’il soit en bois, en ivoire ou en métal, incrusté de pierres précieuses. Au même étage, se trouvent des corans, les outils du calligraphe, ainsi qu’un intérieur syrien reconstitué et un fragment de kiswa, tout en soie et fils d’or, pour recouvrir la Kaaba, le sanctuaire de la Mecque.
Source: routard.com