A Rotterdam, en Hollande, la galerie Mama vient même d’en faire son histoire de s’intéresser à ces centaines de jeunes femmes issues de l’immigration et qui ne se reconnaissent pas dans les nouvelles tendances vestimentaires.
Jupes sans décolleté arrivant aux genoux, sacs Mada Van Gaans découpé dans une matière proche du tapis de prière, tee-shirts amples, chemises à manches longues sans décolleté…la galerie Mama, située sur une des artères les plus branchées de Rotterdam, s’est parée d’habits d’une toute nouvelle tendance. Les industriels de la mode ont compris que le marché de la mode «musulmane» est en pleine expansion. Et veulent d’ores et déjà s’y positionner. Dans les pays musulmans où le port du voile n’est pas obligatoire -le Maroc en fait partie- plusieurs magazines «spécialisés» ont ouvert et même ceux qui ne s’adressaient pas particulièrement à cette cible, réservent dorénavant des rangées à cette catégorie de clientèle.
Mais l’expérience de la Hollande est inédite à plusieurs égards. Le foulard, perçu comme un signe de non-intégration, va progressivement faire partie des habitudes vestimentaires. Pour rappel, 45% des élèves du secondaire, dans les quatre plus grandes villes du pays, relèvent de la catégorie «allochtones non occidentaux», c’est-à-dire issus de l’immigration. La majorité sont Turcs, Marocains, Surinamais ou Antillais. Beaucoup de ces filles sont d’origine musulmane.
Mais le plus original concerne un magazine appelé Glossy financé par la galerie Mama depuis plus d’une année. Les propriétaires de la galerie, spécialiste de la culture depuis 1997, ont en effet choisi de s’attaquer à cette cible. Et n’ont pas hésité à y mettre le paquet. Cinq étudiants ont ainsi été réunies par la galerie pour confectionner le magazine : beaucoup d’images, des séries photos et très peu de texte. «notre objectif est de donner à l’opinion publique une vraie image de ce que nous sommes», confie une des étudiantes. Les musulmanes qui portent le voile peuvent être très belles. Or, les médias hollandais ne véhiculent que lkes problèmes auxquels cette population est confrontée. Avec Glossy, les néerlandais ont compris que l’on pouvait être belle, émancipée, instruite, libérée et musulmane. C’est là un bel hymne à la liberté et à la tolérance.
Source : BLED.ma