Les typologies des bâtiments varient beaucoup selon les périodes et les régions. Avant le XIIIe siècle, dans le berceau du monde arabe, c’est-à-dire en Égypte, en Syrie, en Irak et en Turquie, les mosquées suivent presque toutes le même plan dit arabe avec une grande cour et une salle de prière hypostyle mais varient beaucoup dans leur décor et même dans leurs formes : les mosquées maghrébines adoptent un plan en « T » avec des nefs perpendiculaires à la qibla tandis qu'en Égypte et en Syrie, les nefs lui sont parallèles. L'Iran a ses propres spécificités comme l'emploi de la brique et des décors de stuc et de céramique ainsi que l'utilisation de formes particulières issues souvent de l'architecture Sassanide comme les iwans et l'arc persan. Le monde iranien est aussi à la naissance des madrasas.
En Espagne, on trouve plutôt le goût pour une architecture colorée avec l'emploi d'arcs variés (en fer à cheval, polylobés, etc).
En Anatolie, sous l'influence de l'architecture byzantine mais aussi des évolutions spécifiques à cette région dans le plan arabe, de grandes mosquées ottomanes à coupole unique et démesurée sont édifiées, alors que l'Inde développe des plans particuliers, s'éloignant peu à peu du modèle iranien.
Lorsque l'on évoque le terme d'art islamique, on pense souvent à un art aniconique constitué uniquement de motifs géométriques et d'arabesques. Toutefois, il existe aussi de nombreuses représentations figurées dans les arts d'Islam, notamment dans tout ce qui ne relève pas du domaine du religieux.
Les religions jouent donc un rôle important dans le développement de l'art islamique, celui-ci étant souvent destiné à des fins sacrées. On pense bien sûr à la religion musulmane cependant le monde islamique n'est devenu à majorité musulmane que dans le cours du XIIIe siècle et d'autres croyances ont également joué un rôle non négligeable : le christianisme notamment dans une zone courant de l'Égypte jusqu'à la Turquie actuelle. le zoroastrisme en particulier dans le monde iranien, l'hindouisme et le bouddhisme dans le monde Indien et l'animisme principalement au Maghreb.
L'art islamique est connu depuis longtemps en Europe grâce aux nombreuses importations de matériaux précieux (soie, cristal de roche) au Moyen Âge. Beaucoup de ces objets, devenus reliquaires, étaient ou sont actuellement conservés dans les trésors des églises du monde occidental92. Toutefois, l'histoire de l'art islamique en tant que science est une discipline très récente en comparaison, par exemple, avec celle des arts antiques. Sur les champs de fouille d'ailleurs, l'art islamique a souvent été victime des archéologues désireux d'accéder aux niveaux antiques et qui pour cela saccageaient les plus récents.
Née au XIXe siècle et poussée par le mouvement orientaliste, cette discipline connaît une évolution marquée de nombreux cahots, dûs aux événements politiques et religieux mondiaux. La colonisation notamment a favorisé l'étude de certains pays — ainsi que l'éclosion des collections européennes et américaines — mais des périodes entières ont été négligées93. De même, la guerre froide a considérablement ralenti l'étude des arts de l'Islam en empêchant la diffusion des études et des découvertes.
Comme souvent, les grandes collections d'art islamique se situent plutôt dans le monde occidental, aux musée du Louvre, Metropolitan Museum of Art, British Museum, Victoria and Albert Museum notamment. Cependant, il existe des collections ailleurs, notamment celle du musée islamique du Caire ou du Musée National du Qatar. La fondation Gulbenkian de Lisbonne et la collection Khalili conservent également de nombreuses pièces. Les musées américains, comme la Freer Gallery of Art de Washington, ont souvent un fond assez important, aussi bien pour les objets que les manuscrits. Le corning museum of Glass de New York possède l'un des fonds de verres islamiques les plus importants au monde. Pour les manuscrits, il faut aussi signaler de grandes bibliothèques, comme la British Library ou la bibliothèque nationale de France, dont les fonds orientaux sont assez développés mais les musées conservent aussi des pages illustrées et des manuscrits.
Pour les productions les plus anciennes, tant d'architecture que d'objets, une importante archéologie islamique a eu cours, notamment en Irak, à Samarra ou à Suse par exemple, ou encore au Caire. Malgré le contexte actuel, de grands sites sont encore fouillés dans tout le monde islamique depuis le Pakistan jusqu'au Maghreb.