Le rôle de Ramadan à l’axe d'unité entre les musulmans

10:55 - October 07, 2007
Code de l'info: 1589171
Paris (IQNA) – Le respect des valeurs et des règles morales durant le mois de Ramadan raffermit l’unité islamique.
Le jeûne auquel nous exhorte Dieu Tout Puissant, est une pratique individuelle qui concerne l’ensemble des musulmans transformant cet acte individuel en une pratique collective, qui donne à l’ensemble des fidèles répondant à l’invitation de Dieu, un sentiment d’appartenance à une même communauté, et ce, même dans les sociétés non islamiques.

Invités à un retour à Dieu, dans Son intimité, et ce, grâce à la lecture du Coran auquel il nous convie, et aux prières et invocations léguées par les gens de la Maison de la Révélation, les Ahl el Beyt, les musulmans tentent durant ce mois béni de se consacrer complètement à Dieu et vivre en parfaite symbiose avec les autres fidèles de la communauté, tout en poursuivant leur vie quotidienne, ce qui fait de ce mois une école d’ascétisme pour fortifier leur foi et leur obéissance à Dieu et établir l’équité dans la société.

Hassan Ferechtian (1), Professeur à l’université considère les symboles d’unification que renferment le mois de Ramadan et notamment pour déterminer le début et la fin du mois, où la vision de la lune est indispensable :
- De même, durant le jour de l’Eid Fitr, le premier jour suivant le Ramadan et qui marque la fin du mois de ramadan, il est interdit de jeûner. Ainsi, cet acte signifie bien l’importance qu’attache Dieu au sens collectif du Ramadan.
- Durant ce jour, il est bon de faire la prière de fin de jeûne, mais elle doit être collective, -contrairement à toutes les autres prières subsidiaires qui sont personnelles et de plus dans un lieu couvert, afin que soient réunies les conditions de l’unité islamique.
- Les moments de début et de rupture du jeûne quotidien sont aussi uniques
- Les classes sociales sont toutes concernées : riches et pauvres, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, tous sont tenus au jeune sauf maladies
- La zakât qui est un impôt obligatoire pour tous les musulmans en fonction de leurs revenus, permet une juste répartition des richesses, puisque ainsi, les riches donnent aux pauvres.
Enfin, les prières et la lecture du Coran unit les fidèles.
- Le respect des valeurs et des règles morales durant le mois de Ramadan raffermit cette unité.
- Enfin, statistiquement, les accidents, le taux de criminalité est moindre durant ce mois.

Soulignant ce même aspect symbolique, le cheikh de la mosquée de Paris, Mr Aivaz, insiste sur le devoir qu’a le musulman envers les autres, musulmans ou non, et notamment le devoir d’assistance, qui raffermit ce sentiment d’appartenance à une seule nation : le musulman souffre si l’un de ses frères souffre tel le corps souffre si l’un seul de ses membres souffre et le musulman marque sa solidarité ou sa sympathie par la prière et la pensée et même au-delà du cadre confessionnel.

Mais pour Pierre Dortiguier, philosophe et analyste politique, tout n’est pas si simple même s’il considère que le mois et les journées du Ramadan peuvent et doivent être une réponse aux difficultés toujours renouvelées de l'unité islamique. « Cette unité islamique dans le mois de Ramadan est difficile à saisir si l'on ne lie pas l'effort volontaire personnel d'abstention qui est aussi dans la morale antique du " soutiens-toi et abstiens toi » et la réponse faite immédiatement à cette purification qu'est le réconfort communautaire, à la fois cadre de l'effort et récompense de celui-ci lors de la rupture » nous explique-t-il .Le Ramadan est un rappel plus accentué des devoirs du croyant résume-t-il.


Moins connu est la racine du mot arabe, qui désignerait philologiquement « le fait de brûler au feu et de calciner -de "ramad " être échauffé " , (voir le dictionnaire Littré , tome 6, 1961, p.834 ), c’est-à-dire se purifier des péchés durant ce mois.. Le terme désigne aussi primitivement « les cendres » et pourrait ainsi s’appliquer aux circonstances d'une meilleure unité islamique avec cette citation de Voltaire "il faut jeter au feu tout ce que l'on nous a appris de faux sur l'Islam".

Bouhafs Abdel Jalil, ancien professeur des écoles, en Algérie et auteur de « l’Apocalypse d’Armagedon » (montagne sacrée du glorieux,) considère que l’unité islamique est surtout visible, outre l’aspect spirituel, dans la notion de partage durant ce mois de Ramadan. Ce mois devrait inciter les musulmans et les nations musulmanes à réfléchir sur l’unité économique par laquelle pourrait sans doute se réaliser l’unité islamique, si l’on considère les richesses dont sont détentrices les pays musulmans qui sont dilapidées par leurs dirigeants ou leurs maîtres… Mr Bouhafs Abdel Jalil estime que même si l’islam se dresse contre le nationalisme, l’unité politique du monde musulman est pour l’instant une utopie.

Force est de constater aujourd’hui que l’arrogance mondiale travaille et a réussi au XXème siècle à porter des coups fatals à l’unité islamique, par une première offensive, à savoir la destruction arabe de la communauté ottomane (même si le sabre était américano sioniste, le bras était bien turc) , et par une deuxième offensive, consécutive à la confirmation de l'influence anglo-américano -sioniste de la fausse paix de 1945 (fausse car elle fut fondée non seulement sur l'injustice et le renforcement de l'athéisme soviétique , mais justement sur l'absence d'un traité de paix avec l'Allemagne non encore conclu! ) a été la lutte de l'Irak contre l'Iran (1981-1988).

L’Imam Khomeiny(Que son âme soit au Paradis), à différentes occasions, a mis en garde contre le but poursuivi par les grandes puissances à savoir, désunir la Umma islamique (l’un des exemples les plus frappants étant les pressions sionistes exercées sur le gouvernement égyptien pour lui interdire de donner lecture de passages déterminés du Coran) et pouvoir ainsi mettre la mainmise sur les richesses des peuples musulmans et au-delà des peuples déshérités du monde. En instaurant le dernier vendredi du mois de Ramadan, la journée mondiale de Qods, journée de soutien aux Palestiniens et de libération de la Palestine du joug de l’oppresseur et usurpateur et criminel sioniste, mais aussi journée de soutien à tous les opprimés du monde, l’Imam Khomeiny, rappelant le message de fraternité, d’union et d’amitié, porté dans le Message coranique, savait bien le rôle que pouvait jouer dans la réalisation de l’unité islamique ce mois béni de Ramadan, mois de prière et surtout de lecture et récitation du Coran

1) Hassan Ferechtian, docteur en droit et universitaire, auteur de plusieurs ouvrages en français dont le dernier sous impression : l’Iran : religion et identité nationale
2) Bouhafs Abdel Jalil, professeur et auteur de « L’Apocalypse de l’Harmagedon »
3) Mr Aivaz, enseignant à la mosquée de Paris
4) Pierre Dortiguier, philosophe
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