A l'occasion de la fin du ramadan, 138 théologiens et religieux musulmans ont adressé, jeudi 11 octobre, depuis Amman (Jordanie), une lettre conjointe au pape Benoît XVI, au patriarche orthodoxe Bartholomée Ier de Constantinople, à Mgr Rowan Williams, primat de la Communion anglicane ainsi qu'à une trentaine d'autres chefs d'Eglises protestantes et orthodoxes.
Cette lettre se veut un appel au dialogue. "Comme musulmans, nous disons aux chrétiens que nous ne sommes pas contre eux et que l'islam n'est pas contre eux, à condition qu'ils ne fassent pas la guerre contre des musulmans pour des raisons religieuses", souligne ce texte rédigé à l'initiative de l'Institut royal Aal Al-Bayt pour la pensée islamique d'Amman, une organisation non gouvernementale (ONG) indépendante engagée dans le dialogue islamo chrétien.
En octobre 2006, après la polémique soulevée par le discours du pape à Ratisbonne en Allemagne, l'Institut d'Amman avait déjà envoyé une lettre ouverte à Benoît XVI, "dans un esprit de bienveillance". Elle avait été signée par trente-huit responsables musulmans.
Cette lettre de fin de ramadan a été signée par des représentants de plusieurs écoles et mouvances de l'islam, venus du Proche-Orient, d'Asie, d'Afrique, d'Europe et d'Amérique du Nord, dont les grands muftis de Bosnie-Herzégovine, Russie, Croatie, Kosovo et Syrie.
A Rome, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a déclaré, sur Radio Vatican, que cet appel à la paix et à la compréhension entre islam et christianisme était "une initiative très intéressante".
Source : Le monde