Intellectuels, universitaires et historiens venus aussi bien du monde arabe que d'Europe étaient présents, traitant ainsi de différentes facettes et avec parfois des points de vue complètement opposés de ce vaste sujet.
C'est naturellement, et en tant que président de l'IMA, que Dominique Baudis a ouvert le colloque avec un mot de bienvenue à l'assistance et aux intervenants, dans la « maison du dialogue », comme il définit son établissement, avant de laisser place à une journée durant laquelle trois séances ou tables rondes se sont succédées.
Présidée par Abdelaziz al-Tuwaijri, directeur général de l'ISESCO, l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture, la première séance a vu intervenir tour à tour Redwan Essayed, professeur d'études islamiques à l'université libanaise de Beyrouth et Claude Geffré, professeur à l'institut catholique de Paris.
Pour le premier des deux, les difficultés auxquelles font face les musulmans en Europe proviendraient principalement d'un « durcissement », aussi bien de la part des citoyens européens musulmans - la troisième génération se considèrerait plus musulmane que ses pères et leurs revendications porteraient plus, fait nouveau, sur la Palestine ou l'Irak.
Débutée aux alentours de 14h30, la deuxième séance, présidée par Mohamed Métalsi, le directeur des actions culturelles de l'IMA, a vu se succéder au micro respectivement Abdelaziz al-Tuwaijri, Michel Dousse, philosophe et historien des religions et Pablo Beinito, professeur à l'université de Séville.
Pour al-Tuwaijri, "ce qui est sûr, c'est que la minorité intégriste prend beaucoup de place dans les médias et autres centres de recherches et fait oublier la majorité qu'il n'est pas possible de stigmatiser ou de montrer du doigt". Et pour venir en aide aux musulmans d'Europe, qui selon lui ne connaîtraient pas suffisamment leur religion, il faudrait une "sensibilisation religieuse par une approche sage et rationnelle, l'éducation et l'enseignement selon les méthodes pédagogiques modernes, l'appui financier pour la construction de mosquées et d'institutions éducatives et culturelles".
Malgré l'amusante approximation de son français, Pablo Beinito, professeur à l'université de Séville, à travers une approche journalistique, s'est improvisé pour l'assistance porte-parole de la Junta Islamica d'Espagne à travers la voix et les mots de Abdennour Prado, un des cadres de l'organisation de représentation des musulmans d'Espagne.
Après une petite pause café, la troisième et dernière séance de la journée s'est déroulée sous la présidence de Taj Eddine el-Houssaïni, professeur à l'université Mohamed V de Rabat (Maroc). C'est François Zabbal, philosophe, qui d'abord a pris la parole avant de la céder à Mohammed Aafif, professeur à l'université Mohamed V de Rabat.
Pour François Zabbal, le rendez-vous entre l'islam et l'Europe a été raté car il y a eu échec d'une rencontre entre foi et raison à la manière andalouse.
De plus, des revues telles que Esprit ou Le Débat ne font pas spécialement de place aux intellectuels musulmans. M. Zabbal s'est par ailleurs interrogé sur la valeur d'une confrontation entre des personnes ayant les mêmes valeurs et qualifiant de manière floue les intellectuels du Sud, souvent présentés approximativement comme "intellectuels musulmans". Le dialogue des cultures en est devenu un rituel où on communie sur l'apport de la civilisation islamique à l'Europe.
Source : Safirnews