Le "hidjab" islamique autorisé à l'école

9:40 - November 17, 2007
Code de l'info: 1602101
Royaume-Uni (IQNA)- Après une longue bataille judiciaire, une lycéenne musulmane a obtenu le droit de porter à l'école le "hidjab", une longue robe qui ne laisse voir que ses mains et son visage.
Elle était défendue par Cherie Blair, la femme du Premier ministre.
Pour la première fois, le port des vêtements religieux à l'école a connu un épilogue judiciaire au Royaume-Uni.
La Cour d'appel a estimé qu'il ne devait pas interférer avec celui des élèves. Elle était en effet amenée à rendre son jugement dans une affaire opposant le lycée de Luton, dans la banlieue nord de Londres, à Shabina Begum.
Deux ans après son arrivée dans l'établissement, cette adolescente musulmane avait décidé à la rentrée 2002 de venir en cours habillée d'un "hidjab", une longue robe qui ne laisse voir que ses mains et son visage.
Elle avait été immédiatement exclue par la direction du lycée, dont 80% des élèves sont musulmans. Ceux-ci adoptent généralement le "chalouar kamiz", une tenue composée d'une tunique et d'un pantalon, autorisée par le règlement intérieur. Mais Shabina Begum, orpheline originaire du Bangladesh, affirmait que cet uniforme ne couvrait pas suffisamment son corps.
En juin dernier, le cas avait été examiné en première instance et la justice avait donné raison à la direction, au grand dam des associations musulmanes.
En décembre, lors de l'audience devant la Cour d'appel, Cherie Booth-Blair, l'avocate de la jeune fille, avait souligné que l'affaire posait des "questions fondamentales" sur la nature et l'interprétation des droits à l'éducation et à la liberté religieuse de sa cliente.
L'épouse du Premier ministre Tony Blair avait notamment plaidé que les Etats ont deux possibilités : respecter la diversité des élèves et les autoriser à exprimer leurs sentiments religieux ou imposer le port d'une tenue sans aucune connotation religieuse à l'école, comme en France ou en Suisse.
Le Royaume-Uni n'ayant pas de loi interdisant le port d'une quelconque tenue religieuse à l'école, elle avait donc argumenté que le lycée de Luton n'avait donc pas le droit de "décider et de choisir" seul quelle croyance religieuse autoriser.
La Cour d'appel a donc donné raison à Shabina Begum, aujourd'hui scolarisée dans un autre établissement qui autorise le port du "hidjab".
Selon le juge Brooke, même si le lycée avait le droit de mettre en place un code vestimentaire, il a dénié à la jeune fille le droit de pratiquer sa religion.
Shabina Begum a pour sa part déclaré qu'il s'agissait d'une victoire pour les musulmans qui voulaient "préserver leur identité et leurs valeurs".
"Ce n'était pas un cas isolé mais plutôt la conséquence de l'atmosphère créée par le 11 septembre où l'Islam est une cible".
"C'est quand même très étonnant que dans un monde soi-disant libre, j'ai été obligée de me battre pour porter cet habit" a-t-elle conclu.

Source : LCI
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