"Nous n'avons pas voulu la cacher", a ajouté le maire socialiste, qui peut suivre la construction de la future mosquée depuis son bureau situé au 11ème étage.
La construction, qui devrait être terminée d'ici 2008, comprendra un minaret atteignant 25 mètres et un dôme, et pourra accueillir plus de 2500 fidèles.
Avec un coût s'élevant à 7,4 millions d'euros, la mosquée est située sur une butte dominant le lac et la ville de Créteil, tout proche de la mairie et du poste de police.
La ville a contribué au projet à hauteur de 1,5 millions d'euros, et la mosquée très prochainement achevée fera partie d'un grand complexe comprenant un centre culturel, un café, un centre d'exposition, un hammam, une librairie, une bibliothèque et une salle d'étude.
Laurent Cathala, maire de Créteil depuis trois décennies, voit dans la construction de cette mosquée comme faisant partie de l'évolution de sa ville et de sa démographie. "Si vous êtes pour la justice sociale, vous ne pouvez pas reconnaître une partie de la population et pas l'autre partie, notamment en ce qui concerne sa religion", a déclaré M. Cathala.
La ville comptait jusqu'ici trois petites mosquées ne pouvant contenir plus de 200 personnes. "Cette mosquée est plus qu'une simple reconnaissance de notre religion. C'est une reconnaissance de la ville envers ses citoyens", estime Karim Benaïssa, le président de l'Union des associations musulmanes de Créteil.
Précisons que la France abrite la plus importante minorité musulmane, les chiffres oscillant entre 4 à 7 millions de citoyens de culture islamique. Le ministère de l'Intérieur recense lui près de 1500 lieux de culte, avec seulement 400 mosquées dignes de ce nom, la plupart des salles de prière se situant dans des gymnases, des caves, voire des commerces désaffectés.
Projet de mosquée à Créteil Mais le chemin menant à l'aboutissement du projet de mosquée à Créteil, projet le plus ambitieux de France, ne fut pas de tout repos. Les conseillers municipaux d'extrême droite se sont en effet élevés contre l'utilisation de fonds publics pour la construction du centre culturel.
"Les juifs payent pour leurs synagogues, et les chrétiens payent pour construire leurs églises. Pourquoi les musulmans devraient être aidés par les contribuables Cristoliens ?", a ainsi déclaré Lysiane Choukroun, 59 ans, conseillère municipale issue du Mouvement national républicain (MNR), un mouvement dont les membres se sont opposés à différents projets de construction de mosquées dans diverses villes de France.
"Les mosquées sont les symboles de la présence permanente des musulmans. Ils ont investi dans la brique et vont rester. Et les initiatives anti-mosquées constituent les nouveaux mobilisateurs de l'extrême droite", a expliqué au Washington Post Riem Spielhaus, spécialiste de l'Europe et des questions liées à l'islam à l'université Humboldt de Berlin. Et les musulmans européens, qui ont longtemps prié dans des caves, des souterrains ou des locaux désaffectés, vont se heurter de plus en plus à des campagnes anti-construction de mosquées.
La semaine dernière, la chancelière allemande Angela Merkel a provoqué la colère des musulmans Allemands lorsqu'elle a déclaré à l'occasion d'un congrès de son parti démocrate-chrétien, que "les coupoles des mosquées" ne devaient pas être plus hautes que les "clochers des églises".
D'ailleurs à Cologne en Allemagne, le projet de construction d'un grand centre culturel musulman a suscité des remous. L'extrême droite s'est insurgée tandis que certains prélats, dont le cardinal de Cologne, Mgr Joachim Meisner, avaient fait part de leurs « malaise ».
Source: Safinews