Le 9 décembre, la première clinique médicale musulmane de Russie a ouvert à Moscou. Une clinique qui soigne ses patients selon la Charia, c’est-à-dire en respectant «les règles strictes de la religion». Cet événement, qui pose la question d’une médecine encadrée par la religion dans un état laïc comme la Russie, a provoqué un débat dans le pays. Mais les médecins de la clinique affirment que la garantie du respect des principes de l’islam joue un rôle non négligeable dans la psychologie des patients. «Quand un patient sait qu’il se trouve dans un centre spécialisé, il se sent déjà mieux. Même si ce n’est que dans son esprit, ceci est déjà la première étape de son traitement», affirme le chirurgien Pavel Chepenko sur Russia Today TV.
De retour sur la scène internationale, la Russie a pris le parti de contrecarrer la puissance américaine en mettant en place une politique de coopération avec les pays musulmans, qui s’appuie sur les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, majoritairement musulmanes, mais aussi sur les pays du Moyen-Orient qui constituent des partenaires incontournables, pour un pays désireux d’accroître encore sa puissance énergétique.
Dans cette entreprise, politique et commerciale, la Russie peut compter sur ses cadres issus de minorités ethniques traditionnellement musulmanes et formés dans les universités russes d’Etat.
Parmi eux, les Tatars de la République du Tatarstan, l’une des sept républiques de la Fédération de Russie à dominante musulmane (régions de la Moyenne Volga et du Caucase), constituent une force puissante de pénétration des marchés proche et moyen-orientaux.
Dotés d’un double culture, à la fois russe et musulmane, les Tatars, qui évoluent eux-mêmes sur un territoire riche en pétrole, forment des commerciaux et des ingénieurs géologues hors pair pour prospecter et forer de nouveaux puits de pétrole, comme c’est actuellement le cas en Syrie et en Iran.
Implantée dans le sud-est iranien sur le site de Koupal depuis 2002, la compagnie Tatneft n’a cessé d’ouvrir de nouveaux gisements dans ce pays, qui s’est également attaché ses services en matière de développement d’industrie dérivée du pétrole.
La Russie a donc besoin de ses musulmans si elle veut se donner les moyens de ses ambitions internationales. Aussi a-t-elle pour habitude de les choyer sur son sol. Deux cliniques médicales semblables à celle de Moscou devraient ouvrir prochainement à Kazan, capitale du Tatarstan, et à Saratov, où les Tatars constituent une importante minorité ethnique.
A Moscou, le mufti a obtenu de Vladimir Poutine des crédits pour la rénovation de la Grande Mosquée Centrale, centre de la vie religieuse des musulmans moscovites, fondée en 1904 tout près de l’actuelle station de métro Prospekt Mira. Deux nouvelles mosquées devraient être construites dans la capitale russe dans les prochaines années.
C’est que les musulmans de Russie forment une communauté religieuse plus politisée et plus encline à la critique que la communauté orthodoxe, majoritaire.
Source: regard-est