Polémique en Afrique du Sud après la sortie d'une autorité religieuse britannique, sur la Charia

10:57 - February 16, 2008
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Afrique du sud(IQNA)- La Grande-Bretagne devrait donner l'exemple au monde, en reconnaissant à la charia une valeur juridique.
La Charia s'est invitée dans le discours politico-religieux, à Cape Town, en Afrique du sud, suite à la déclaration de l'Archevêque de Canterbury, Dr. Rowan Williams, insistant, la semaine dernière, sur la nécessité d'appliquer, au Royaume Uni, certains aspects de la loi islamique.
Ganief Hendricks, le chef d'Al-Jamaah, parti pro-Charia, a estimé, à cet égard que, même si les pays arabes ont donné de la charia, une image préjudiciable à l'Islam, la loi islamique a bien de la place communauté des musulmans.
« La Grande-Bretagne devrait donner l'exemple au monde, en reconnaissant à la charia une valeur juridique, dans le règlement des questions de droit », a affirmé Hendricks, par ailleurs vice-président de la Convention de l'Unité Islamique.
Selon lui, les décrets extrêmes comme la décapitation « ne sont pas une exigence absolue ».
Le Président Moulana Ihsaan Hendrick a pour sa part soutenu que si la charia devait être reconnue dans un pays, ce devrait être pour une application intégrale de ses dispositions.
Le Secrétaire Général du Conseil des Eglises d'Afrique du Sud, Eddie Makue, souligne de son côté que, dans le contexte sud-africain, il est clair que la législation n'étant pas basée sur une quelconque religion, elle est « impartiale ».
« Si vous considérez l'application de la loi, il est clair que nous ne devons pas faire l'amalgame entre lois laïques et enseignements religieux. Dans son essence, la loi ne devrait pas s'appuyer sur des principes confessionnels ».
Il a estimé qu'il n'y a « jamais eu », en Afrique du Sud, « une grande différence entre les réligions », du fait des bons rapports qui existent entre leaders religieux et politiques.
Le porte-parole de l'Alliance Démocratique (DA) pour les affaires constitutionnelles, Len Joubert, relève que même si la législation sud-africaine n'a toujours pas reconnu la charia, on pourrait bien envisager que cela évolue.
« Il est tout à fait raisonnable que la Grande-Bretagne adopte les lois musulmanes, car, une forte communauté musulmane vit au Royaume-Uni, et il faut en tenir compte » a-t-il indiqué.
La polémique en Afrique du Sud, autour de la loi islamique résulte de la déclaration à la BBC, la semaine dernière, dans laquelle le chef de l'Eglise Anglicane a estimé qu'il était « inévitable » d'appliquer, au Royaume Uni, certains aspects de la charia.
Cela permettrait, selon l'Archevêque de Canterbury, de résoudre « certains problèmes » personnels et domestiques au sein de la communauté musulmane britannique, d'autant que les juifs orthodoxes ont leurs propres Cours concernant certaines questions.
Dr. Rowan Williams a suggéré que les Cours du Royaume-Unis devraient, par exemple, reconnaître le règlement, par la loi islamique, des conflits conjugaux et des affaires financières.
Source: jeuneafrique
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