Ce n’est pas un détail insignifiant. Sur la route du sommet, les participations de souverains et de chefs d’Etat se confirment chaque jour. De retour, vendredi soir, d’un périple qui l’a mené successivement en Jordanie, en Iran, en Egypte et en Libye, le président de la République, Me Abdoulaye Wade, a confirmé la participation au 11ème sommet de l’Organisation de la conférence islamique(OCI) des dirigeants de ces pays amis du Sénégal.
Qu’il s’agisse du roi Abdallah II de Jordanie, du président iranien Ahmadinejad, de l’Egyptien Hosni Moubarak ou du Libyen Mouammar El Kadhafi, leur arrivée à Dakar est confirmée tel qu’ils ont eu à le dire au président Wade.
« Le Roi Abdallah II m’a confirmé qu’il viendra personnellement au sommet de l’OCI. Le président Ahmedinejad aussi, de même que Hosni Moubarak », a révélé Me Abdoulaye Wade qui s’exprimait à la télévision nationale peu après son retour, vendredi soir, à Dakar.
Il souligne qu’à son passage au Caire, Hosni Moubarak lui a dit qu’il ne pouvait pas ne pas participer au sommet de Dakar en raison des vieilles et bonnes relations qui existent entre l’Egypte et le Sénégal « et de nos relations personnelles ».
Même si le voyage n’a pas concerné le Maroc, une convergence de vues est notée sur la participation au sommet, avec ce royaume dont le souverain, le roi Mouhamed VI, explique Me Wade, « n’a pas voulu m’imposer cette peine car il sait que le Maroc et le Sénégal sont des pays frères (...) ; aussi m’a-t-il envoyé son ministre des Affaires étrangères avec qui une solution a été trouvée, car ne se faisant aucun souci, le roi Mouhamed VI sait que le Sénégal est en mesure de défendre les intérêts du Maroc », a encore ajouté le président de la République.
Il a même voulu rendre visite en Arabie saoudite à Sa Majesté le roi Abdallah, gardien des Deux Saintes Mosquées, pour faire avec lui le point sur l’organisation du sommet de l’OCI.
Me Wade y tenait car, explique-t-il, « il ne faut pas oublier que c’est grâce au roi Abdallah que le sommet de l’OCI se tient pour la deuxième fois à Dakar et qu’il a financé la réfection du Méridien Président qui l’avait déjà été et réalisé par l’Arabie saoudite ».
Les temps forts du périple du chef de l’Etat dans ces pays sont des avancées très significatives en direction du sommet de l’OCI.
Au-delà de la participation à la rencontre de Dakar, des questions liées à la coopération bilatérale ont été abordées. C’est ainsi qu’avec la Jordanie, d’intéressantes perspectives de coopération vont s’ouvrir pour le Sénégal.
Le roi Abdallah II a même regretté le fait que les relations entre le Sénégal et la Jordanie ne soient pas plus développées. « Car la Jordanie est un pays très avancé dans de nombreux domaines et il souhaiterait que le Sénégal en profite », commente le président Wade.
Avec l’Iran, le renforcement de la coopération est au goût du jour. Me Wade et Ahmedinejad sont « totalement d’accord sur cette question ». La preuve, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise pourrait, dans les jours qui viennent, être l’hôte de son homologue iranien très disposé à le recevoir. Une invitation lui a aussi été remise pour venir au Sénégal.
Avec les dirigeants libyen et égyptien, « j’ai aussi discuté de coopération et fait avec chacun d’eux le tour d’horizon des problèmes de l’Afrique et du monde », a révélé Me Abdoulaye Wade qui a également évoqué sa médiation entre le Tchad et le Soudan pour laquelle un accord général est déjà obtenu, en attendant un autre accord de mise en œuvre.
Me Abdoulaye Wade a révélé qu’il est en train d’écrire un livre sur les finances islamiques dont le titre est : « La Ummah islamique, une chance pour les musulmans, une chance pour l’humanité ».
La préparation de cet ouvrage a nécessité des rencontres avec des savants, hommes d’affaires et intellectuels pour avoir des éclairages sur certaines questions relatives à la « Charia » (ndlr : loi canonique de l’Islam).
« J’ai rencontré ces sommités parce que je n’ai pas voulu écrire des erreurs », a expliqué Me Abdoulaye Wade, vendredi soir, à son retour d’un voyage qui l’a mené successivement en Jordanie, en Iran, en Egypte et en Libye.
Dans la même logique, il indique être en train de lire les « fatwas » (ndlr : avis juridiques) délivrées par l’Académie de « fikh » (ndlr : jurisprudence islamique) de l’Université Al Azhar d’Egypte et d’autres Académies, pour voir comment elles ont jugé certaines affaires.
Selon Me Abdoulaye Wade, il existe, dans l’organisation actuelle du monde, un grand problème lié à l’insertion des finances islamiques. « Nous sommes dans un monde de vitesse alors que les méthodes préconisées par certains milieux islamiques sont très lourdes et ne correspondent souvent pas au système actuel, si bien qu’il y a des pertes de temps », a-t-il souligné.
Il explique également que les banques, notamment la Banque islamique de développement (Bid), créent chaque jour des types de contrats pour lesquels elles sont obligées de se référer à des érudits afin de demander leur conformité par rapport à la « Charia ».
En somme, il est souvent « lourd et compliqué » pour trouver des solutions aux nombreux problèmes soulevés, « alors que nous sommes dans un monde de vitesse ». Me Wade se dit absolument convaincu qu’il est possible d’apporter quelque chose dans le cadre de l’organisation de la Ummah pour éradiquer la pauvreté et développer les relations commerciales et la recherche.
« Je pense aussi que nous avons quelque chose à apporter à l’humanité, particulièrement en ce qui concerne les grands principes à la base de l’Islam : la solidarité, la vérité, la justice », a conclu le chef de l’Etat.
Source: lesoleil