Les problèmes des médias islamiques et la nécessité de créer des médias d'orientation Coranique

11:30 - March 08, 2008
Code de l'info: 1635274
Téhéran(IQNA)- La création de médias islamiques, censés s'inspirer du saint Coran et des enseignements islamiques, nécessite une définition exacte des problèmes qui se posent à ce genre de médias dans les pays musulmans, d'une situation acceptable et de l'idéologie qui doit les orienter.
Les médias sont dans leur nature, chargés de mettre en communication les diverses couches de la société et sont capables non seulement de renforcer l'unité nationale, mais aussi de faire progresser un pays au niveau matériel et spirituel. Si un média se présente comme un média islamique, son envergure internationale en sera développée.
Le groupe arabophone de l'Agence internationale de presse coranique(IQNA), étant donné la nécessité de créer des médias islamiques fondés sur les enseignements coraniques, pour mettre en valeur les bases idéologiques du saint Coran et définir et réaliser les principes idéologiques, a organisé un dialogue avec les spécialistes de ces questions dans les pays arabes.
Le président de l'association des éditeurs de Syrie, le directeur du centre islamique "Fatemeh Zahra" de Finlande, le membre du Conseil central et le vice-président aux affaires culturelles du Hezbollah irakien, le directeur du Centre arabe de recherches iraniennes à Téhéran, le directeur du bureau de l'Ayatollah Mohamad Al Yaghubi, Référence religieuse des chiites irakiens, à Qom, des journalistes syriens, égyptiens, des représentant de journaux et d'Agences de presse internationales, du journal égyptien «Al-Ahram», du journal koweïtien «Al-Nahar», «Alwatan» du Qatar, "26 septembre " du Yémen, ont répondu à notre questionnaire.
Les problèmes des médias islamiques : Nous envisageons de présenter rapidement quelques propositions en réponse au questionnaire "Médias islamiques, horizons et problèmes" et de faire les recherches nécessaires, sans recourir aux clichés ou à des discussions inutiles, pour pouvoir aboutir à des résultats pertinents.
1- La priorité des intérêts personnels sur l'esprit coranique des médias : L'Hojat-ol-islam Meysam Taleb Al Fariji, responsable du bureau de l'Ayatollah Mohamad Al Yaghubi, Référence religieuse des chiites irakiens, à Qom, a déclaré que les médias islamiques manquaient d'esprit coranique et étaient l'objet d'intérêts personnels, dans l'orientation et les objectifs. "Si les médias islamiques cherchent des sujets qui leur sont profitables, il faut qu'ils s'orientent dans le sens des positions coraniques et fassent du saint Coran leur modèle d'action. Cela ne signifie pas que tous les programmes doivent être consacrés à la lecture du saint Coran ou à l'interprétation coranique, cela signifie que la politique générale de ces médias doit être en harmonie avec les points de vue coraniques" a-t-il déclaré.
2- L'affaiblissement des médias vient du fait qu'ils copient : Mohamad Odnan Salem, directeur de l'Association des éditeurs syriens, a déclaré que les médias étaient influencés par l'Occident : " Les médias occidentaux ne cherchent qu'à divertir et entre dans la vie des gens avec toutes sortes de déviations morales, pour détruire la culture islamique. Les médias islamiques ont agi avec beaucoup de faiblesse et n'ont pas été capables de trouver un langage qui attire les auditeurs, cela a entraîné une chute et un déclin dans la créativité et l'originalité de ces médias".
Le docteur Heidar Al Halou, vice-président du centre islamique "Fatemah Zahra", de Finlande, a fait allusion a ces problèmes et a déclaré que, sans aucun doute, le saint Coran était un livre utilisable à toute époque et par toutes les générations, que la société contemporaine avait besoin de médias capables de répondre aux besoins de la communauté islamique et que le manque de programmation de ces médias avait privé la société de médias véritablement islamiques.
"Les médias islamiques sont en général au début du parcours, la copie a donné naissance à un certain recul de ces médias qui n'ont pas beaucoup d'auditeurs".
Mohamad Saleh Sedighian, responsable du centre de recherches iraniennes, a fait allusion à l'affaiblissement des médias de propagande islamique, dans le cadre de la mondialisation, et a déclaré que l'absence de médias islamiques compétents entraînera l'apparition de médias islamiques faibles ou le recours aux médias occidentaux chez les musulmans.
Sa'ad Hezam, journaliste du Qatar, a aussi dénoncé les faiblesses des médias islamiques qui malheureusement n'ont pas réussi à s'attirer le public musulman. Il a aussi souhaité que des décisions soient prises pour l'organisation de réunions ou de manifestations culturelles et islamiques, pour améliorer le niveau des programmes religieux des médias islamiques.
3- Les médias islamiques doivent s'appuyer sur leur propre culture : Mohamad Hodnan Salem, directeur de l'association des éditeurs de Syrie, a souligné la capacité des médias islamiques à affronter les médias étrangers ou concurrents. "Le premier pas est de connaître les points forts de l'islam grâce au saint Coran, et le second pas, est de discerner les points faibles des médias étrangers. Les médias islamiques et arabes ne sont pas des médias indépendants du contexte culturel, l'influence culturelle peut connaître des hauts et des bas, en période optimale, les objectifs sont clairs, les relations sociales sont solides et développées, et les programmes sont élaborés avec lucidité".
Il a aussi souligné que dans le cas contraire, les relations sociales se personnalisent et les programmes deviennent plus flous. Les comportements deviennent alors plus passifs et plus émotionnels".
Mohamad Hodnan Salem qui est aussi rédacteur en chef du journal "Dar-ol-Fekr" de Damas, a conclu que les médias islamiques, comme les autres phénomènes sociaux, s'alignaient sur l'étape que connaissait leur civilisation.
Hollywood tire profit de l'absence de médias islamiques : Heidar Al Halou a insisté sur le plus grand problème de l'information, qui est l'impact des programmes occidentaux qui jouissent des techniques les plus modernes et les plus attrayantes, et qui sont parvenus à étendre la culture occidentale dans les pays musulmans.
" Des programmes intéressants seraient un bon moyen pour faire connaître la culture islamique et coranique et il faut s'attacher à régler les problèmes qui existent dans ce domaine. Hollywood a une expérience de soixante ans et a toujours travaillé à donner une image négative et injuste de l'islam. Sans médias islamiques, nous ne pourrons pas empêcher le développement des productions hollywoodiennes qui sont le fruit d'une pensée corrompue et dévastatrice. Les musulmans consciemment ou inconsciemment, se sont habitués aux méthodes d'information occidentales. Le devoir important d'une information islamique est de définir ses méthodes, de développer ses techniques et d'avoir une langue moderne et adaptée aux utilisateurs".
Sa'ad Ezam, responsable des informations générales du journal "Alwatan" qui est un journal politique du Qatar, a déclaré que si les chaînes satellite des pays musulmans, étaient en augmentation, les chaînes occidentales tentaient chaque jour d'avantage, par leur propagande, de diminuer l'influence des enseignements islamiques, même au niveau des programmes pour enfants.
5- Absence de programme continu et à long terme, dans les médias islamiques : Al Fariji, responsable du bureau de l'Ayatollah Al Yaghubi, à Qom, a anlysé les médias islamiques sous deux angles, intérieur et extérieur, et a souligné que le premier travail était de rassembler toutes les forces pour le développement de l'unité et des liens de fraternité, pour la restauration de la culture et de la civilisation islamique.
Amineh Jamed, responsable de la partie religieuse du journal égyptien "Al-Ahram" et Samer Al Atar, responsable de la programmation de l'Agence internationale d'information arabe égyptienne, a souligné que l'échec des médias islamiques venait d'un manque d'unité dans les objectifs et a fait un exposé sur les responsabilités de ces médias dans l'enseignement religieux.
Amineh Jamed, au sujet des problèmes des médias islamiques dans l'information et les activités religieuses, a déclaré qu'ils venaient d'un manque de programmation ou de coordination dans la programmation, dans les pays islamiques, qui nuisait à l'information. "Les pays musulmans ont des possibilités particulières qui devraient donner des résultats satisfaisants, mais malheureusement dans beaucoup de pays, ces moyens ne sont pas suffisamment exploités ou sont mal exploités.
Les médias occidentaux ont une propagande très développée et soutiennent tous les préjugés et tous les mensonges sur l'islam. Ils ont pour cela, une programmation précise et une unité d'action, ainsi que des investissements politiques et financiers qui freinent, dans certains pays musulmans, l'information et l'enseignement islamique. Le manque de contrôle des programmes religieux de certaines chaînes satellite est un autre problème. Malheureusement les responsables des programmes de ces chaînes profitent de l'ignorance de certains téléspectateurs, pour donner des informations injustes, dans le cadre d'émissions apparemment islamiques".
6- Manque de budget et de soutien moral : Le manque de budget est le leitmotiv de ces spécialistes de l'information, qui, accompagné d'un manque de soutien moral de la part des responsables politiques, est à l'origine de tous les maux de ces médias.
Al Fariji, professeur irakien du centre d'enseignement islamique, a souligné que les médias islamiques n'avaient pas réussi, en général, à introduire des changements sociaux, et que si les autorités islamiques accordaient aux médias une importance plus grande, cela permettrait un développement dans l'avenir de ces médias qui sont un des meilleurs moyens de communication à l'heure actuelle. "La connaissance exacte des obstacles et la définition d'objectifs communs, le rejet des divergences et le recours à la Tradition du Prophète suprême(SAWA), en tant que modèle et secours de la communauté, devraient permettre d'éviter les erreurs et les divisions".
Samer Al Ahtar, directeur de la programmation de l'Agence d'information égyptienne, a fait allusion au soutien financier des dirigeants des pays occidentaux aux programmes anti islamiques des médias, et au fait que les médias occidentaux et islamiques étaient en concurrence. "Un soutien financier aux médias islamiques permettrait une amélioration de la qualité des programmes religieux et la programmation d'émissions destinées aux différentes tranches d'âge. L'absence de budget et de soutien est un problème dans la production de programmes coraniques qui soient capables de répondre aux besoins de notre époque, et poussera les jeunes musulmans à se tourner vers les chaînes occidentales".
Sa'ad Ezam, spécialiste des questions médiatiques du Qatar, a déclaré à ce sujet que les médias islamiques devaient être financés par les musulmans eux-mêmes : "Une des responsabilités de ces médias est de faire communiquer et d'établir des relations entre les musulmans, la majorité des téléspectateurs de ce genre de médias sont des croyants qui attendent que ces médias répondent à leurs besoins. A l'heure actuelle, de nombreux journaux et de nombreuses chaînes télévisées du Qatar donnent des informations sur les compétitions coraniques dans ce pays, la radio coranique offre des programmes intéressant pour les différentes tranches d'âge, et les centres coraniques se développent aussi de façon sensible au Qatar".
7- L'absence d'objectif en fonction des besoins de la société : Un des problèmes importants évoqués par les spécialistes des médias islamiques, est le manque de coordination entre les données et la programmation, alors qu'il serait nécessaire de prévoir des programmes en fonction des besoins réels de la société.
Adnan salem, chercheur syrien, a fait allusion au pouvoir médiatique et à sa supériorité sur les armes. Evoquant les paroles du cinéaste Motafa Al Aghad, producteur des films "Mohamad Rasoulollah" et "Omar Moghtar", il a souligné que Al-Aghad était si convaincu de l'influence de l'art islamique qu'il répétait sans cesse : " Donnez-moi le média que je désire et rangez vos armes !" . "La réussite de Mostafa Al Aghad venait de sa profonde compréhension du rôle des médias, actuellement les médias islamiques manquent d'influence dans les pays musulmans, les médias islamiques dans certains pays, sont comme des souffrants qui se rendent à la pharmacie sans savoir de quelle maladie ils sont atteints".
8- Le saint Coran est le meilleur modèle pour les médias islamiques : Mohamad Adnan a insisté sur la nécessité de développer et de soutenir les centres artistiques, pour la future génération et l'utilisation de l'art dans les médias, et d'éviter une étroitesse d'esprit dans ce domaine.
Al Fariji, faisant allusion au verset 24 de la sourate Ebrahim et au verset 26 de la même sourate a souligné qu'il s'agissait là d'un modèle de média coranique, et que les médias qui utilisaient la force du saint Coran pouvaient devenir la concrétisation de ces versets.
Le professeur Heidar, actif dans le domaine coranique et culturel, et vice-président du centre islamique "Fatemat-o-zahra" (SA) de Finlande, a cité le verset coranique 125 de la sourate "Nahl" qu'il a présenté comme une règle générale pour les médias islamiques, "car le saint Coran est fondé sur le sentiment de bonté et nous invite à un dialogue perpétuel et fructueux".
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