Le sommet de l'OCI, un enjeu important pour le fils du président sénégalais

12:04 - March 11, 2008
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Dakar(IQNA)- Le sommet des chefs d'Etat de l'Organisation de la Conférence Islamique(OCI), jeudi et vendredi à Dakar, constitue un enjeu important pour Karim Wade, le fils du président sénégalais, à qui ses détracteurs prêtent de grandes ambitions politiques.
Ses opposants en sont convaincus: Abdoulaye Wade, 82 ans cette année, prépare son fils Karim à sa succession et le sommet de l'OCI, qu'il organise, doit être la première étape de cette marche vers le pouvoir suprême.
"Abdoulaye Wade a un plan stratégique de sa succession par son fils. A la télévision publique, il n'y a que Karim Wade et ses tournées dans les pays arabes pour le sommet de l'OCI. C'est pour le positionner", déclare à l'AFP l'opposant Ibrahima Sène, un responsable d'un parti de gauche.
Démenti de l'intéressé. "Pour l'instant, ma seule ambition, c'est que le sommet se passe dans les meilleures conditions et qu'il y ait un maximum de retombées pour les Sénégalais. Je n'ai que ça dans la tête", a répondu Karim Wade la semaine dernière, lors d'un rare entretien avec la presse.
Pour lui, "le seul enjeu de ce sommet (de l'OCI), c'est d'abord pour le Sénégal", avant de railler "les politiciens sénégalais qui pensent que c'est parce qu'on fait des réalisations qu'on a des ambitions politiques".
Conseiller depuis 2001 du président sénégalais, qui est au pouvoir depuis 2000 et a été réélu en février 2007 pour un mandat de cinq ans, Karim Wade a été nommé en juin 2004 président de l'Agence nationale de l'organisation de la conférence islamique (Anoci).
A la tête de cette influente agence directement rattachée à la présidence de la République, cet analyste financier de 39 ans a été en charge de la construction et rénovation des infrastructures routières et hôtelières en vue du sommet.
Mais si les principales routes prévues pour le sommet sont prêtes, la livraison des cinq hôtels de luxe a été remise à plus tard, obligeant les autorités à recourir notamment à la location de deux bateaux pour l'hébergement des délégués.
Si le sommet de l'OCI "devait constituer une rampe de lancement (pour Karim Wade), la fusée a déjà explosé avant se lancer puisqu'on avait tellement promis pour ces chantiers et rien n'est fait depuis trois ans", accuse l'opposant Abdoulaye Bathily, qui parle d'"échec" de Karim Wade.
Les critiques visant le fils du chef de l'Etat se sont d'ailleurs multipliées depuis la création en novembre 2006 de "la Génération du concret", un mouvement politique.
Karim Wade en est le président, à côté de proches du président sénégalais comme le secrétaire général de la présidence, Abdoulaye Baldé et Hassan Bâ, en charge de la communication présidentielle.
Coïncidence ou non, Karim Wade a d'ailleurs effectué samedi sa première grande sortie publique dans la banlieue de Dakar, officiellement "pour un soutien des populations au sommet de l'OCI".
Pour Latif Aïdara, conseiller à la présidence de la République, le mouvement de la Génération du concret est "une force de proposition autour du président de la République. Elle compte des milliers de cellules jusque dans les villages les plus reculés" du pays.
Selon lui, "le président Wade ne cherche pas à placer son fils au pouvoir. Ce sont les cellules de la Génération du concret qui le poussent à aller vers le sommet (du pouvoir). Le peuple réclame qu'on se transforme en parti politique".
De son côté, le secrétaire général à la présidence Abdoulaye Baldé est clair: "l'avenir du Sénégal ne se fera pas sans la Génération du concret".
Source: AFP
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