C'est l'une des recommandations que formule un rapport présenté avant hier, le 15 mars, à Berlin dans le cadre de la Conférence de l'islam d'Allemagne, créée en 2006 par le ministre fédéral de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble. Les représentants de l'Etat et des 3,4 millions de musulmans qui vivent outre-Rhin avaient rendez-vous pour la troisième fois en séance plénière.
La Conférence de l'islam d'Allemagne vise à améliorer l'intégration des musulmans dans la société. "Les résultats sont tout à fait présentables", s'est félicité M. Schäuble à l'issue de la réunion. Les recommandations indiquent de bonnes voies pour pouvoir surmonter les problèmes ensemble. La création d'un enseignement de l'islam en allemand à l'école serait, aux yeux du ministre, un moyen de concurrencer les prédicateurs de la haine. Le rapport contient dix recommandations au total. Il évoque, par exemple, l'importance des mosquées, et la gestion des conflits liés à leur construction et à leur activité. Il suggère que les médias diffusent une image plus responsable de l'islam et des musulmans. Enfin, il aborde la coopération entre les personnes musulmanes et les services de sécurité.
En dépit de ces progrès, la Conférence sur l'islam d'Allemagne aura besoin de temps, a ajouté M. Schäuble. Et ce "bien au-delà de 2009". Le ministre a évoqué des discussions "par moments très âpres". Il y a "un manque de compréhension" entre les musulmans et la majorité de la société allemande, estime-t-il. Un fossé émotionnel qui l'inquiète. Les membres de la conférence doivent développer dans la durée une "culture de l'écoute". La base de discussion a été fixée au départ : l'intégration reconnaît les différences culturelles et religieuses, mais exige en retour une acceptation pleine et entière de l'ordre libéral et démocratique institué par la Loi fondamentale allemande.
Beaucoup de personnes originaires de pays d'origine musulmans se sont bien intégrées dans la société allemande. Mais une partie d'entre elles connaît des difficultés croissantes à s'intégrer. C'est notamment le cas de jeunes musulmans, immigrés de la deuxième et troisième génération. Ils peinent de plus en plus à réussir à l'école et à s'insérer dans le monde du travail. C'est pour empêcher que ne se créent des sociétés parallèles et pour prévenir le développement du fondamentalisme et de l'extrémisme que Wolfgang Schäuble a institué la Conférence de l'islam d'Allemagne.
Composée de 30 membres, elle offre un cadre de discussion et d'échange entre les représentants de l'Etat et ceux des musulmans d'Allemagne. Etalée sur plusieurs années, elle s'inscrit explicitement dans une perspective de long terme. Elle prend en compte les différences de sensibilité au sein d'une communauté musulmane diverse en Allemagne, et en très grande majorité non-arabe. Parmi les 15 membres de la Conférence qui représentent les musulmans, figurent les représentants des principales organisations musulmanes en Allemagne, mais aussi des figures du monde économique, social, scientifique et culturel incarnant un islam moderne et sécularisé.
Source: relatio.fr