Vendredi, le procureur de la cour de cassation Abdurrahman Yalcinkaya a déposé une demande à la Cour constitutionnelle en faveur d'une dissolution de l'AKP, l'accusant de vouloir transformer au bout de ses activités anti-laïques le pays en Etat islamique et de détruire le système démocratique, selon des médias turcs.
Le procureur a également demandé une interdiction de toute activité politique visant les 74 responsables de l'AKP, notamment le président Abdullah Gül, le Premier ministre Erdogan et l'ancien président du Parlement Bulent Arinc.
"Nous sommes d'un parti politique luttant pour la démocratie", a indiqué M. Erdogan lors d'un rassemblement de son parti dans la province de Siirt (sud-est).
"Personne ne peut dire que l'AKP, qui remporte un soutien de 16,5 millions d'électeurs, sont le foyer d'activités anti-laïques", a rappelé M. Erdogan en référence à la victoire de son parti aux élections législatives en juillet 2007, où l'AKP était crédité de 47% des suffrages exprimés.
"Nous devons le rendre clair. Le recours de vendredi ne vise pas l'AKP. Il s'agit d'une démarche contre la volonté nationale", a souligné M. Erdogan, cité par l'agence de presse semi-officielle Anatolia.
Une récente initiative du gouvernement Erdogan visant à lever l'interdiction contre le port du foulard islamique dans les campus universitaires a conduit l'opposition à accuser le gouvernement de motivation islamistes.
M. Erdogan, à l'instar d'autres responsables de l'AKP, s'était engagé dans le mouvement politique islamique en Turquie, et avait été enfermé dans le passé pour incitation à la haine religieuse.
Les raisons pour laquelle le procueur Yalcinkaya a recouru à la justice sont similaires à celles qui ont résulté en dissolution d'anciens partis islamiques en Turquie, tel le Parti du bien et de l'être, et le Parti vitrune.
Source: xinhua