Sublime et majestueuse. Ce sont les maîtres mots qui résonnent en écho lorsqu’on entre dans l’espace scénographique qui abrite cette exposition. En guise de bienvenue, la calligraphie arabe déploie ses plus beaux atours avec les Turcs Daoud Baktash, Huseyin Oksuz, Ismaïl Hakki. Ils ont rivalisé d’ingéniosité et de talent dans leur approche artistique. En parcourant les œuvres présentées, la curiosité et l’intérêt du visiteur sont attirés par la belle calligraphie qui a été composée et ciselée pour le texte du Saint Coran.
On retrouve ces écrits sur les feuilles du Livre sacré, mais aussi sur la pierre et les mosaïques les plus riches des mosquées.
Dans la pureté et l’harmonie du trait, la calligraphie devient louange à Allah.
La calligraphie est souvent utilisée comme élément décoratif dans la mosquée. Ce "décor" coranique illustre la présence de la révélation dans la vie du musulman. Elle est également le support d’un enseignement spirituel subtil et profond. Ecriture du noble Coran, florissant sur les murs des mosquées ou encore sur les objets de la vie quotidienne, la calligraphie arabe s’associe à une approche mystique du monde.
Comme pour apporter leur touche à cette exposition, les artistes sénégalais ne sont pas en reste. Au détour de la technique du découpage, du collage sur papier, Pape Ibrahima Ndoye ajoute une note particulière à cette forme d’écriture dans « Oul khoulouhabi bi Salamine Aaminime ».
Avec une rare originalité, Mouhamed Ndir loue la « Suprématie du savoir » dans une texture mixte alliant l’acrylique sur du cuir, rehaussée par un cadre en bronze sculpté.
Lamine Diop « Dogon » quant à lui se distingue dans la sculpture sur pierre en bas relief.
Dans son évolution, la culture islamique a su développer à sa propre inspiration les arts décoratifs et architecturaux hérités des Arabes, des Byzantins, des Perses, des Romains.
Ils se caractérisent par une simplicité des lignes et un foisonnement des détails souvent inspirés par des formes naturelles stylisées (fleurs, feuilles, tiges), tout en évitant les représentations animales ou humaines, celles-ci étant interdites par la tradition islamique.
Autre forme d’écriture, les manuscrits. Sur ce plan, les érudits sénégalais se sont bien illustrés. En atteste, « Tabaxaati ayhuaraa », un manuscrit authentique d’El Hadji Omar Tall, traitant des catégories de poètes et conservé par son petit-fils Thierno Seydou Nourou Mountaga Tall.
Aussi, l’exposition donne à voir des manuscrits du Saint Coran en provenance de Touba, annotés par Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie des Mourides, des manuscrits en provenance de Tivaouane, comme le « Burd » (poèmes à la gloire du prophète Mouhamed, Psl) d’El Hadji Malick Sy -fondateur de la confrérie des Tidianes, un manuscrit écrit de sa propre main par Serigne Babacar Sy, premier khalife d’El Hadji Malick Sy.
Parallèlement aux écritures saintes présentées en calligraphie, ou en manuscrits, l’exposition offre l’opportunité d’admirer des pièces originales qui ont marqué la culture islamique.
Source: lesoleil