Ce mihrab du IXe siècle, se présente comme une niche en cul-de four, coiffée à sa partie supérieure par une demi coupole. Il est meublé de vingt-huit panneaux de marbre s’ordonnant en sept registres verticaux de quatre éléments. Ces panneaux offrent un décor ajouré ou champlevé, composé d’une grande variation de motifs floraux et géométriques.
A mi-hauteur des ces panneaux, une frise épigraphique composée d’une ligne d’écriture coufique sculptée en relief couvrant toute la largeur de la niche. Le texte de cette inscription est une profession de foi.
Une demi-coupole en bois couronne cette niche du mihrab. Elle est formée de planches cintrées revêtues d’un enduit et entièrement peintes. Un double rinceau déroulant des involutions régulières s’achevant par des feuilles à cinq lobes, des grappe pointues et des vrilles meublent les concavités de ces involutions. Cet élégant décor, témoigne de l’habileté du peintre et son ingéniosité à harmoniser les couleurs et les motifs ornementaux formant son arabesque.
L’encadrement de cette niche du mihrab est orné d’une très belle et rare collection de carreaux de faïences à reflets métalliques datant du IXe siècle J.-C . Ces carreaux de faïence sont monochromes et polychromes. Ces derniers étaient importés de Mésopotamie. Ils présentent une ornementation chaque fois renouvelée, avec de subtiles combinaisons d’éléments floraux et géométriques.
Est situé à droite du mihrab, adossé au mur de la qibla. Cette chaire est utilisée par l’imam à l’heure du prône.
Ce joyaux de l’art mobilier ifriqiyen date du IXe siècle J.-C.. C’est la plus ancienne chaire datée du monde islamique, Confectionné avec du bois de teck, ce minbar se compose de plus de 300 pièces sculptées et assemblées ; les panneaux de cette chaire sont d’une exceptionnelle richesse ornementale et témoignent de l’extrême variété du répertoire d’où l’ornemaniste ifriqiyen puise ses modèles.
Elle est légèrement à droite du minbar, cette maqsûra l’œuvre du souverain ziride al-Muizz b. Badis Ve siècle de l’hégire/XIe J .-C. C’est une enceinte privée, réservée au prince et à certains membres de son cœur leur permettant d’effectuer les prières à l’écart des autres fidèles. Cette maqsûra communique avec l’extérieur par une porte aménagée dans le mur de la qibla : C’est Bab al-imam, appelée jadis Bab al-Sultan, et s’ouvre sur la salle de prière par une porte à deux vantaux. La frise épigraphique de cette maqsura offre l’un des superbes bandeaux épigraphiques de l’art musulman. Elle utilise un élégant coufique fleuri et tressé sculpté sur un champ préalablement tapissé d’entrelacs végétaux.
Par ses riches formes architecturales et la diversité de son répertoire ornemental, la grande mosquée de Kairouan a concouru activement à l’élaboration de l’art musulman.
L’école kairouanaise a inspiré et a servi de modèle à tous les édifices du bassin occidental de l’Islam.
La grande mosquée de Kairouan a joué également un rôle prépondérant dans la vie intellectuelle ifriqiyenne. C’était l’un des plus brillants foyers de culture arabo-musulmane et un centre d’approfondissement et de diffusion des sciences musulmanes.
Source: lanouvellerepublique