Conseils de supervision de Charia et stratégies

14:26 - April 09, 2008
Code de l'info: 1641465
Liban(IQNA)- La principale caractéristique des institutions financières islamiques est constitué par le lien qu’elles entretiennent avec la Charia.
Elles sont, en effet, censées permettre aux personnes qui le désirent de mener des opérations financières qui soient conformes à l’éthique de la religion musulmane. Ces institutions se trouvent ainsi dans la situation assez particulière d’avoir à opérer dans un monde professionnel qui se caractérise par sa rationalité économique, les acteurs cherchant à optimiser leur bien-être matériel, en appliquant des règles et des valeurs qui découlent d’une rationalité théologique liant le temporel à l’intention divine.
Pour traiter des demandes particulières de chacun de ces secteurs de leur environnement, les banques islamiques ont découplé certaines de leurs fonctions. Elles ont développé des unités spécialisées, appelées Conseils de supervision de Charia. Ces derniers sont composés de jurisconsultes qui fixent leur cadre d’action en jugeant de la légitimité religieuse de leurs opérations, en procédant à l’étude et, le cas échéant, à l’interprétation des édits de la Charia. Les membres de ces conseils n’ont aucun pouvoir hiérarchique et jouent plutôt un rôle de conseiller. Ainsi, rien ne peut obliger techniquement une banque à suivre leurs avis (fatwa). Pourtant aucun établissement ne s’y risquerait.
C’est que le pouvoir pratique des Conseils de supervision de Charia est extrêmement important. Ils garantissent, en effet, que les opérations des institutions dont ils dépendent sont conformes aux règles de la Charia alors que celle-ci est la raison d’être de ces mêmes institutions.
Le risque perçu des banques islamiques est ainsi extrêmement élevé, ce qui explique l’importance du rôle des Conseils de supervision de Charia. En fait, ce n’est pas tant le conseil que l’identité de ses membres qui est cruciale. Il faut que les clients les considèrent comme légitimes. C’est à cette seule condition que leur risque perçu pourra être réduit et qu’ils pourront être recrutés.
La composition des Conseils de supervision de Charia devient, ainsi, un acte stratégique et découle d’une alchimie délicate. Il va falloir satisfaire les impératifs du pays d’implantation initial tout en prévoyant l’extension future des opérations.
Au Liban, par exemple, les conseils des banques islamiques de la place seront composés de personnalités relevant de Dar el-Fatwa (sunnite) et du Conseil supérieur chiite, pour assurer la légitimité auprès des différentes composantes de la communauté musulmane du pays. Les banques ajouteront à leur conseil un expert de réputation internationale qui assurera la validité de leur action dans les pays où ils comptent opérer. Il s’agit généralement d’une personnalité originaire du Golfe… ce qui ne constitue pas vraiment une surprise.
Source: lorient-lejour
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