Imam Khomeiny: J'ai perdu avec Mottahari, le fruit de ma vie

9:45 - May 02, 2008
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Article(IQNA)- Le professeur et martyr, l'Ayatollah Mottahari, est né le 1° février 1919, dans la région de la ville sainte de Mashad, dans une famille de religieux.
Il commence ses études dans l'école traditionnelle de cette époque, pour continuer à l'âge de douze ans, des études religieuses, au centre d'enseignement islamique de Mashad. A l'âge de quinze ans, malgré l'opposition du régime de Reza khan, aux milieux religieux, et malgré l'inquiétude de quelques-uns de ses amis et de ses proches, Mottahari part pour la ville sainte de Qom, pour continuer ses études. Il y vit quinze ans, et suit les cours de jurisprudence et de principes de bases, de l'Ayatollah Borjerdi, et les cours sur la philosophie de Molla Sadra, de spiritualité et de morale islamique, de l'Imam Khomeiny. Il suit aussi les cours de philosophie et d'autres cours sur Ebn sina, de l'Allameh Seyed Mohamad Hossein Tabatabai.
En 1952 Mottahari, devenu un des professeurs renommés des centres islamiques, part pour Téhéran, où il commence à enseigner à l'école "Marvi", à faire de nombreux discours et à publier ses livres. En 1955, il organise la première réunion de commentaire de l'Association islamique universitaire, et entreprend une série d'enseignements à l'université de théologie et de sciences islamiques de Téhéran.
En 1958 est créée la première association musulmane des médecins, où Mottahari fait partie des principaux orateurs, pendant dix ans. Il était aux cotés de l'Imam Khomeiny, dans l'organisation et le contrôle de la révolte et des manifestations du 15 khordad 1342 (calendrier iranien).
Ce jour-là, à une heure du matin, suite à un discours enflammé contre le shah, il est arrêté et incarcéré dans la prison provisoire de la police, avec quelques autres oulémas de Téhéran. Après 43 jours de détention, il est libéré grâce aux efforts et aux pressions de la population et des religieux qui étaient montés à Téhéran.
Mottahari est chargé ensuite par l'Imam Khomeiny, avec quelques autres religieux, de prendre la responsabilité des associations islamiques. Après l'attentat contre le premier ministre de l'époque, Hasanali Mansour, par le martyr Mohamad Bokhara'i, les responsables des organisations islamiques sont arrêtés. Le juge d'instruction chargé de l'affaire, ayant étudié plusieurs années auprès du professeur Mottahari, réussit à le sauver et à lui épargner la peine capitale.
A cette époque Mottahari se consacre à ses discours à l'université et dans les organisations islamiques, et à ses livres.
Le professeur Mottahari croyait au mouvement islamique et non en n'importe quel mouvement révolutionnaire, il travailla beaucoup à l'islamisation du mouvement et de l'idéologie révolutionnaires, et créa en 1968, le centre "Hosseini Irshad" avec l'aide de quelques amis, pour lutter contre les déviations idéologiques.
En 1968, accusé d'avoir signé une pétition, avec l'Allameh Tabataba'i et Seyed Abol Fazl Mojtahed Zanjani, pour récolter des fonds pour les réfugiés palestiniens, et pour le fait d'en avoir parlé dans un de ses discours au Hosseini Irshad, il est emprisonné de nouveau pour une courte période.
De 1969 à 1971, il prend la responsabilité du programme de propagande de la mosquée Al-Javad, dont il est le principal prédicateur, jusqu'à ce que cette mosquée soit fermée ainsi que le centre du Hosseini Irshad. Mottahari est arrêté une nouvelle fois.
Après sa libération, il reprend ses discours aux mosquées Ark et Javid, et dans d'autres mosquées. La mosquée Javid est aussitôt fermée et l'Ayatollah Mottahari, en 1974, reçoit l'interdiction de prononcer des discours. Cette interdiction gouvernementale durera jusqu'à la Révolution Islamique en 1978.
La plus grande préoccupation de l'Ayatollah Mottahari, était de proposer une idéologie authentiquement islamique, dans ses cours et ses livres.
Ses activités se développèrent entre 1972 et 1978, avec l'apparition des groupes de gauche et des musulmans de tendance marxiste.
Avec l'imam khomeiny, il est un des premiers à comprendre le danger de l'organisation des "Mojahedin du peuple iranien", et interdit la coopération avec ce parti, prévoyant les changements idéologiques qui allaient toucher ce mouvement.
Sur un conseil de l'Imam Khomeiny, l'Ayatollah Mottahari enseignait deux jours par semaine au centre d'enseignement islamique de Qom où il avait la responsabilité des cours importants et il enseignait aussi à Téhéran, chez lui ou dans d'autres endroits.
En 1976, il est mis à la retraite anticipée, après une altercation avec un professeur communiste de l'université.
Les relations entre Mottahari et l'Imam khomeiny continuèrent par courrier après l'exil de l'Imam, mais en 1976, il réussit à se rendre à Najaf (Irak), pour discuter avec lui des questions importantes du mouvement révolutionnaire et des centres d'enseignement islamique.
Après le martyre de l'Ayatollah Seyed Mostafa khomeiny et le début du nouveau mouvement révolutionnaire, Mottahari se consacre entièrement aux activités politiques et joue un rôle prépondérant à toutes les étapes.
Il se rend à Paris, pendant le séjour en France de l'Ayatollah Khomeiny qui le charge de la création du conseil révolutionnaire islamique. Lors du retour de l'Imam en Iran, l'Ayatollah Mottahari est chargé personnellement de l'accueil de l'Imam en Iran, et reste jusqu'à la victoire de la Révolution et après l'instauration de la République Islamique, un fidèle conseiller et l'homme de confiance du leader de la Révolution.
Il est victime d'un attentat organisé par le groupe "forghan", la nuit du 30 avril 1979, en sortant d'une réunion politique.
L'Imam qui comptait sur le soutien de Mottahari, fut profondément marqué par cette perte et ressentit une grande peine, déclarant "J'ai perdu avec Mottahari, le fruit de ma vie".
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