Chrétiens et musulmans débattent du lien entre foi et raison

12:36 - May 02, 2008
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Rome(IQNA)- Les participants chrétiens et musulmans au colloque «Foi et raison dans le christianisme et dans l'islam», organisé cette semaine à Rome, ont affirmé que «la foi et la raison sont intrinsèquement non-violentes».
A l’issue de l’audience générale de mercredi 30 avril, Benoît XVI a rencontré les participants du colloque «Foi et raison dans le christianisme et dans l’islam» organisé par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et le Centre pour le dialogue interreligieux de l’Organisation musulmane de culture et de relations islamiques de Téhéran. Les relations entre foi et raison étaient le thème développé par Benoît XVI en septembre 2006, dans son discours à l’université de Ratisbonne, discours qui avait déclenché une violente polémique dans le monde musulman. D’où l’intérêt particulier de ce colloque.
À l’issue des travaux qui se sont déroulés à Rome du 28 au 30 avril, sous la présidence conjointe du cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et de Mahdi Mostafavi, président de l’Organisation musulmane iranienne, les participants ont publié un communiqué commun en sept points.
Ils affirment que «foi et raison sont deux dons de Dieu à l’humanité» qui «ne se contredisent pas», précisant que, dans certains cas, «la foi peut être au-dessus de la raison, mais jamais contre elle». «La foi et la raison sont intrinsèquement non-violentes», soulignent par ailleurs les experts chrétiens et musulmans – huit de part et d’autre – qui poursuivent : «Ni la raison ni la foi ne devraient être utilisées à des fins de violence.» «Malheureusement, notent-ils encore, les deux ont été parfois mal utilisées pour commettre la violence.»
D’une manière plus générale, les deux parties se disent d’accord pour continuer à coopérer afin de promouvoir «une religiosité authentique, particulièrement la spiritualité», d’encourager «le respect des symboles considérés comme sacrés» et de promouvoir des valeurs morales. «Chrétiens et musulmans devraient aller au-delà de la tolérance, en acceptant les différences, tout en restant conscients de ce qu’ils ont en commun et en remerciant Dieu, poursuit le communiqué. Ils sont appelés au respect mutuel, et à condamner ce qui tourne en dérision les croyances religieuses.»
Après avoir observé que «la généralisation» en matière de religion devrait être évitée, compte tenu des «différences» à l’intérieur du christianisme et de l’islam, et de la diversité des contextes historiques, les participants insistent sur le fait que les traditions religieuses «ne peuvent être jugées sur la base d’un seul verset ou d’un passage présent dans leurs livres sacrés respectifs». Pour les comprendre, affirment ces experts, «une vision globale et une méthode herméneutique adéquate» sont nécessaires.
Ce colloque, sixième du genre, s’inscrivait dans le cadre du dialogue instauré entre la République Islamique d’Iran et le Saint-Siège en mars 1999, lors de la visite au Vatican de l’ancien président iranien Mohammad Khatami. La prochaine rencontre devrait avoir lieu à Téhéran dans deux ans. D’ici là, du 4 au 6 novembre prochain, le pape devrait avoir rencontré les intellectuels et théologiens musulmans signataires de la «lettre des 138».
Source: AFP
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