La nourriture halal, un marché de masse en pleine croissance

14:53 - May 04, 2008
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Québec (IQNA)- Dans un monde où le quart de la population est musulmane, la nourriture halal est un marché de masse en pleine croissance. Le Canada veut sa part du gâteau et encourage ses entreprises à se convertir.
«C’est le seul grand marché qui reste pour la nourriture», dit David Hunter, directeur général de Halal Canada, qui fait la promotion des exportations en terre musulmane. Halal est synonyme de profits. Non pas que la marchandise se vende beaucoup plus cher, mais les musulmans cherchent aujourd’hui des produits halal transformés, traditionnellement plus payants que la matière première brute. Les pays du Moyen-Orient, d’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis en tête sont les plus voraces parce que les plus riches.
Aussi, le marché connaît naturellement une belle croissance. Les musulmans ont plus d’enfants que la moyenne et sont nombreux à émigrer dans les pays occidentaux, où leur niveau de vie a tendance à s’améliorer. Ils représentent maintenant 3 % de la population au Canada et aux États-Unis, 10 % en France et 19 % en Russie.
Ajoutez à cela plusieurs consommateurs non musulmans qui recherchent des produits halal, auxquels ils prêtent de meilleures normes de fabrication et des vertus santé, ce qui n’est pas nécessairement le cas. Cela fait beaucoup de monde à contenter.
Les géants ont flairé la bonne affaire et se convertissent. La grande chaîne de distribution anglaise Tesco est avide de produits halal. Le tiers des produits fabriqués par Nestlé, premier groupe agroalimentaire mondial, sont maintenant halal et toutes ses entreprises sont en voie de certification. Ce printemps, Wal-Mart Canada a introduit dans tous ses magasins des produits halal fabriqués par Kenzi, un transformateur d’Asbestos.
Tous les aliments imaginables — pas seulement la viande — sont susceptibles d’obtenir une certification halal : du yogourt, des crevettes, des fruits, des pâtes, de l’eau… De l’eau? Les musulmans craignent en effet la contamination croisée. Par exemple, une usine pourrait embouteiller de l’eau après avoir mis en bouteilles des boissons alcooliques. Ou alors des saucisses de bœuf sur une chaîne de production dédiée au porc.
Le travail des certificateurs halal est de veiller à tous ces détails. Parfois, certaines entreprises sont surprises de voir que seuls des petits ajustements sont nécessaires pour apposer le logo, indique Haider Z. Khattak, de la firme de certification IFANCA, pour Islamic Food and Nutrition Council of America.
Pour le consommateur musulman, par contre, cela veut dire gros. «La certification enlève le doute et nous évite de passer au travers de la liste des ingrédients chaque fois», témoigne M. Khattak.
Celui-ci admet toutefois qu’il n’y a pas de prescriptions halal uniformes à travers le monde. Les grandes règles sont les mêmes pour tous, mais chaque pays les interprète à sa façon. Il faut donc que les agences de certification soient reconnues par les pays importateurs, un peu comme dans le biologique. Le Brésil, la France, l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’en font pas de cas et sont devenus de gros fournisseurs halal. Le Canada veut marcher sur leurs traces.
Montpak International, le plus grand producteur-transformateur de veaux au pays, possède déjà la certification halal.

Source: cyberpresse
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