«Le Conseil français du culte musulman doit sortir de la léthargie, profondément changer et devenir libre et indépendant» : déclaration fracassante faite au congrès de l'Union des organisations islamiques de France, qui fête son 25e anniversaire en réunissant des milliers de membres au Bourget, au nord de Paris, à l'occasion de sa traditionnelle réunion annuelle, jusque ce dimanche soir.
Des déclarations qui sonnent comme une charge contre la fédération de la Grande mosquée de Paris, à quelques semaines du délicat renouvellement du Conseil français du culte musulman, dont l'UOIF aimerait prendre la tête.
Le vice-président de l'UOIF Fouad Alaoui, qui vise la présidence du Conseil français du culte musulman, entend marquer la rupture : «Le moment du changement est arrivé, nous rompons avec un consensus qui régnait depuis 2003», a déclaré le Franco-marocain ce samedi au Bourget.
2003, c'est la date de la création du CFCM, à l'intiative de Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'Intérieur, et de l'arrivée à sa présidence de Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, réputé pratiquer un islam modéré.
La prise de position de Fouad Alaoui ne peut que remettre de l'huile sur le feu. Un feu qui a repris la semaine dernière, quand Dalil Boubakeur a annoncé son intention de ne pas prendre part au vote du 8 juin prochain, en raison de l' «iniquité» d'un système de vote, qui selon lui favorise l'émergence de l'UOIF.
Une fédération dont les détracteurs affirment qu'elle prête une oreille attentive aux thèses intégristes des Frères musulmans. Une fédération qui se sent surtout plus proche de l'islam pratiqué au Maroc, que de celui dans lequel se reconnaissent bien souvent les fidèles de la Grande Mosquée de Paris, pour la plupart d'origine algérienne.
Source: RFI