Le juge Oscar Magi a accepté la requête des avocats de plusieurs prévenus dans cette affaire qui réclamaient le témoignage de MM. Berlusconi et Prodi, mais aussi des ministres de la Défense et des responsables des services secrets à l'époque des gouvernements Berlusconi (2001-2006) et Prodi (2006-2008).
Trente-trois personnes sont jugées à Milan (nord), dont 26 agents de la CIA par contumace, pour l'enlèvement en février 2003 de l'ex-imam égyptien Abou Omar, alors soupçonné de terrorisme. Transféré en Egypte après le rapt, il y a été incarcéré et affirme avoir subi des tortures.
Ce procès est le premier en Europe sur les transfèrements secrets par la CIA de personnes soupçonnées de terrorisme. Les autres accusés sont des Italiens, anciens membres des services secrets militaires (SISMI), dont son ex-directeur, le général Nicolo Pollari. M. Pollari a toujours clamé son innocence dans cette affaire, affirmant qu'il ne pouvait se défendre en raison du secret d'Etat qui le contraint au silence.
Dès l'ouverture du procès, le 8 juin 2007, ses avocats ont réclamé la comparution de MM. Berlusconi et Prodi afin que ces derniers confirment que leur client n'était pas au courant de l'enlèvement.
Le secret d'Etat sur cette affaire a été décrété par M. Berlusconi puis confirmé par M. Prodi. Le juge Magi s'est cependant réservé de revoir sa décision sur le témoignage des deux responsables à la lumière du verdict de la Cour constitutionnelle qui doit trancher un différent opposant le gouvernement au parquet de Milan dans cette affaire.
Le gouvernement Prodi a déposé en 2007 un recours devant la Cour Constitutionnelle, accusant le parquet de Milan de violation du secret d'Etat, en raison de l'utilisation par les magistrats d'écoutes téléphoniques de membres du SISMI.
Le parquet a à son tour déposé un recours contre le gouvernement pour défendre la légalité de son enquête. Le procès a été suspendu le 18 juin 2007 peu après son ouverture dans l'attente de la décision de la Cour constitutionnelle.
Le tribunal de Milan a cependant décidé de reprendre l'audience en mars, arguant d'une disposition constitutionnelle imposant une "durée raisonnable" pour un procès.
Source: Islamtoday