"Nous examinerons ce cas à la première semaine de juin", a dit M. Kilic à des journalistes, cité par l'agence Anatolie. Le président n'a pas précisé quand une décision serait prise mais généralement le verdict est rendu peu de temps après les délibérations.
La décision de la cour suprême est important sur ce cas car la réforme permettant le port du foulard dans l'enseignement supérieur constitue l'un des principaux arguments d'une action en justice demandant l'interdiction du parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, pour activités anti-laïques.
Les magistrats peuvent décider de rejeter le recours de l'opposition laïque au Parlement demandant l'annulation de la révision ou juger que la réforme en l'état ne suffit pas pour autoriser les étudiantes voilées à entrer sur le campus universitaire, soulageant ainsi le camp laïc, selon les observateurs.
A l'origine de la réforme adoptée en février au parlement et qui a provoqué une polarisation de la société turque, se trouve l'AKP, formation issue de la mouvance islamiste, qui a fait valoir que l'interdiction du voile contrevient à la liberté de conscience et au droit à l'éducation.
Des manifestations ont été organisées pour dénoncer la révision alors qu'une partie de la population manifeste son inquiétude vis-à-vis de ce qu'elle estime être une islamisation rampante de la société depuis l'arrivée au pouvoir, en 2002, de l'AKP du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
La réforme a aussi provoqué la pagaille dans l'enseignement supérieur, certains recteurs ayant maintenu l'interdiction du voile jusqu'à ce qu'une réglementation détaillant le code vestimentaire autorisé -et excluant les symboles ostentatoires d'un islam radical, comme le tchador ou la burqa- soit adoptée.
Les partisans de la laïcité (l'armée, la magistrature et l'administration des universités) estiment que le port du voile est un défi au régime laïc en vigueur en Turquie, pays dont la population est à plus de 99% musulmane.
Source: AFP