Le journaliste, connu en Turquie pour son modernisme, raconte qu'une brochure distribuée dans ce lieu de culte a particulièrement attiré son attention. Elle était intitulée : «Rapport annuel et bilan financier».
Son contenu semble avoir édifié le journaliste, plus habitué à trouver ce type de document à l'assemblée générale d'une société cotée en Bourse. Dans ce rapport, visé par des auditeurs, l'église new-yorkaise détaille ses dépenses, ses revenus financiers et les mesures d'économies pour équilibrer ses comptes.
Cette lecture a inspiré des questions au journaliste. Un lieu de culte peut-il être géré comme une entreprise ? Doit-il l'être ? A son avis, la réponse est positive. Car une telle institution doit être transparente et rendre des comptes à la communauté qui la soutient.
Bien entendu, pour un quotidien turc, il s'agit de savoir si cela peut s'appliquer à une mosquée en Turquie, pays où le gouvernement paye le salaire des imams sur le budget du ministère aux Religions.
«Hürriyet» rappelle que l'argent reversé ainsi provient de la quête auprès des fidèles, réalisée après la prière du vendredi et lors des fêtes religieuses, ou encore de donations de l'étranger. «On pourrait penser, écrit Özkök, que ceux qui collectent l'argent au nom de Dieu devraient être responsables de l'utilisation de ces fonds.
Mais l'expérience suggère bien autre chose.» En d'autres termes, ceux qui donnent de l'argent en dehors des mosquées, après avoir prié, le font avec la meilleure intention du monde, mais ceux qui recueillent cet argent pourraient bien le dépenser avec des intentions moins claires. Özkök conclut qu'il serait juste que les lieux de prière publient leurs comptes.
Car «des fonds collectés auprès de communautés religieuses bien intentionnées peuvent être utilisés à des fins sans relation avec cette bonne foi. Et ces activités néfastes conduisent lentement à la détérioration de la société.»
Source: Lesechos.fr