La plupart des cinquante autres Etats l’ayant reconnu étant des pays occidentaux. D’où leur appel lancé à la Ummah islamique sur laquelle la Déclaration de La Mecque a refusé de se prononcer.
Sur les cinquante-cinq Etats ayant reconnu l’Etat nouvellement indépendant du Kosovo, seuls cinq sont des pays musulmans, parmi lesquels figure le Sénégal. Le représentant du président de la République du Kosovo à la conférence islamique sur le dialogue interreligieux, s’en est scandalisé hier. C’était au dernier jour de cette conférence qui se tient depuis mercredi dernier à La Mecque et qui a regroupé soixante-cinq nationalités. Il s’en scandalise d’autant que les Kosovars ont ainsi ‘l’impression qu’ils ne sont pas aussi musulmans que ceux de la Ummah’. Pourtant, précisera à sa suite le Grand Mufti du Kosovo, ‘les Kosovars sont musulmans depuis six siècles. Raison pour laquelle ils se demandent pourquoi ils ont été délaissés par leurs frères musulmans. Ils se le demandent d’autant que les occidentaux, qui sont des chrétiens, ont reconnu leur Etat’. D’où l’appel pathétique lancé par le représentant du président du Kosovo à la Ummah islamique pour que ses dirigeants reconnaissent la République indépendante du Kosovo. Pour ce faire, le Grand Mufti du Kosovo demandera à la conférence de Makkah Al-Mukarramah que cela figure dans la recommandation finale. Le président de séance donnera son approbation.
C’est ainsi que les participants ‘ont confirmé l’importance de l’instauration du dialogue entre les adeptes des différentes religions, cultures et civilisations afin de barrer la route au choc des civilisations et à ceux qui font sa promotion’. Parce que, reconnaissent-ils, le dialogue est le meilleur moyen de répondre ‘aux calomnies auxquelles est en butte l’Islam et corriger l’image que les masses occidentales ont de lui, de ses pays’. Dans ce cadre, ils ont demandé ‘aux pays du monde et aux organisations internationales avec à leur tête l’Onu, d’assumer leurs responsabilités pour lutter contre la culture de la haine entre les peuples, du rejet de l’autre qui a pour effet de menacer la paix et la sécurité dans le monde’.
Et parlant plus spécifiquement de la montée de l’islamophobie en Occident, les participants à la conférence disent attendre ‘de l’Onu et des organismes mondiaux de défense des droits de l’homme qu’ils interdisent les campagnes de dénigrement menées contre l’Islam, le Prophète et le Saint Coran’ et qu’ils fassent campagne pour l’adoption de lois punissant ‘les dénigrements faits aux prophètes et à leurs messages, de façon à ne pas se servir de la liberté d’expression pour remettre en cause la coexistence et la paix dans le monde’. A l’intérieur de la communauté musulmane, les érudits, chercheurs, théologiens ayant participé à la conférence islamique de La Mecque ont préconisé de ‘résoudre les différends qui surviennent entre les musulmans’ et d’’aider les adeptes de différents courants de pensée islamiques à avoir des relations entre eux et ce, dans l’objectif de réaliser l’unité de la communauté et d’alléger les tensions entre eux, provoquées par le sectarisme et les divergences d’opinions’.
Parmi les recommandations arrêtées par les participants à la conférence islamique de La Mecque figure en bonne place la création d’un organisme mondial pour le dialogue et celle d’un centre national pour la relation entre les civilisations. En outre, il a été créé le ‘Prix du roi Abdellah bin Abdelaziz pour le dialogue entre les civilisations’ pour récompenser ‘les personnes et organismes pour leur participation au développement du dialogue et à la concrétisation de ses objectifs’.
Source: walf.sn