Même les médias occidentaux, d’habitude assez orientés sur ces question relatives à la pratique de l’islam dans un contexte de société laïque, reconnaissent que des sondages récents, effectués en Turquie, révèlent que plus des deux tiers des femmes de ce pays laïque portent le foulard et sont favorables à la révision de la loi qui l’interdit à l’université. Un témoignage d’agences de presse qui met à mal une cour constitutionnelle qui a invalidé, avant-hier, un texte levant cette très impopulaire restriction de la liberté individuelle. La montée au créneau de l’AKP ne peut pas surprendre les cercles de décision de l’Etat turc. Hier, ce sont des milliers de femmes portant le foulard qui ont arpenté les rues d’Istanbul et de Diyarbakir, dans le sud-est du pays, pour protester et exprimer leur désapprobation contre les responsables de l’invalidation de l’amendement en faveur du port du voile pour les étudiantes. «Maudits soient ceux qui sont derrière les juges (...) Allah est le plus grand.»
Fort de ce soutien massif objectif de la société sur cette question, l’AKP s’est autorisé un violent réquisitoire contre la cour constitutionnelle, jouant la carte du quitte ou double en risquant une offensive face à ceux qui menacent de le dissoudre pour atteinte à la sacro-sainte laïcité. «La décision de la cour constitutionnelle représente une ingérence directe dans le travail du pouvoir législatif et une violation flagrante du principe de séparation des pouvoirs (...) Elle n’est habilitée qu’à examiner les questions de procédure d’adoption des lois par le Parlement et ne peut pas se prononcer sur leur contenu», a clairement signifié, dans une déclaration à la presse, Dengir Mir Mehmet Firat, vice-président du parti.
Source: algerie-dz