Plus de 700 délégués venant de tous les coins de la Umah islamique, s’étaient retrouvés dans les lieux saints de l’Islam et sur invitation du roi Abdallah ben Abdel Aziz. Ils avaient pour mission de réfléchir sur une résolution qui devrait englober les contours du point de vue de l’islam lors du futur congrès ou sommet international proposé par le même roi entre les musulmans, les chrétiens et les juifs voire les autres confessions du monde entier.
Nous avons eu l’honneur de participer à ce plateau de Dakar en compagnie de son excellence le professeur Babacar Samb ancien ambassadeur et à côté d’un des précurseurs du dialogue islamo chrétien au Sénégal, l’inégalable Abbé Jacques Seck. Serigne Abdou Aziz Sy, grand chef religieux, autre précurseur du dialogue, le professeur Rawhane Mbaye et le très respectable Docteur Mouhammed Ahmed Lô ont pris tour à tour la parole depuis la Mecque pour magnifier la nécessité de ces retrouvailles entre gens de confessions différentes.
A la question de savoir « sur quoi dialoguer », certains ont répondu que c’était sur tout sauf sur le dogme, principal écueil et source d’un non dialogue. D’autres ont pensé que limiter le dialogue à des thèmes réducteurs, c’est ôter aux religions la possibilité d’exposer au reste du monde l’essence même de leur croyance, le réveil des consciences.
Nous pensons que le dialogue a pour premier objectif de trouver un terrain d’entente qui permette aux uns de pratiquer leur culte en toute liberté sans nuire aux autres. Par contre, si un musulman ou un chrétien pour les causes de sa foi obstrue le bien commun, occupe la voie publique, fait un tapage virtuel ou sonore, agresse, calomnie, injurie interdit ou profane le culte de l’autre, qu’on lui fasse entendre raison.
A la question de savoir « avec qui dialoguer », la réponse semble évidente même si la question est pertinente. Aujourd’hui il y a approximativement six milliards six cents vingt-cinq millions d’âmes qui peuplent la terre, dont un milliard cinq cent millions de musulmans, deux milliards de chrétiens et le reste environ trois milliards répartis entre hindouistes, bouddhistes, juifs, animistes et sans religion. Pris séparément ces derniers sont numériquement inférieurs aux deux grandes religions monothéistes citées plus haut à savoir l’islam et le christianisme.
Par: Cheikh BAMBA DIOUM
Source: sudonline