Par le passé, en effet, la Russie tsariste et l’empire ottoman étaient en conflit permanent qui, par périodes, dégénérait en conflits armés qui ont fait un grand nombre de victimes. La Révolution bolchévique de 1917 a accéléré la détérioration des relations entre la Russie et un certain nombre de peuples islamiques limitrophes qui ont, par la suite, perdu leur indépendance et sont tombés sous la domination du régime de la révolution russe. S’il est vrai, a-t-il affirmé, que tous les peuples qui formaient l’ex-Union soviétique étaient réprimés, en revanche la souffrance des peuples musulmans était beaucoup plus grande sous les régimes totalitaires de Lénine, puis de Staline, lesquels ont totalement dénigré les composantes spirituelles, culturelles et civilisationnelles des peuples islamiques.
Intervenant à l’ouverture du colloque international tenu sous le thème : «la Russie et le Monde islamique», qui a commencé ses travaux ce matin à Moscou, le Directeur général de l'ISESCO a indiqué que l’intervention russe, à l’époque des tsars, dans les affaires du Monde islamique a été à l’origine du conflit factice entre l’Etat ottoman et l’Etat persan, car la politique des tsars consistait à semer la zizanie entre les musulmans sunnites et chiites afin d’éliminer toute possibilité d’un Etat musulman uni que les tsars considéraient comme menace pour leur suprématie.
Pour le Directeur général de l'ISESCO, la Russie tsariste a non seulement semé la discorde entre les musulmans, mais également poussé des forces étrangères à mener des attaques contre l’Etat islamique. C’est dans ce contexte que l’on peut placer la conquête mongole du Monde islamique, qui s’est soldée par la prise puis la destruction de Bagdad, capitale du Califat islamique, et par l’exécution du calife abbaside. Certains historiens honnêtes avancent que cette invasion était le résultat d’une connivence entre la Russie et de l’Eglise de byzantine de Constantinople.
«Les musulmans d’Asie centrale ont vu dans la révolution de 1917 et dans le nouvel Etat qui a alors vu le jour une lueur d’espoir quant à la fin de leurs souffrances, mais leur désillusion n’avait d’égal que la répression qui s’est abattue sur eux dès le début du régime soviétique, avec le déplacement des populations islamiques, avec des cas d’extermination collective» a encore indiqué le Directeur général de l’ISESCO.
En guise de commentaire de ces événements, le Directeur général a déclaré qu'il s'agit là d'un épisode historique révolu. «Aujourd'hui, a-t-il affirmé, la situation s’est améliorée par rapport au passé, suite à la chute du totalitarisme et la mise en place d'un régime démocratique pacifique qui respecte le droit international. Aujourd'hui, la Russie s'ouvre sur le monde et établit des relations avec les autres pays en se basant sur les intérêts économiques, politiques et sécuritaires et non sur des facteurs idéologiques».
Le Directeur général de l'ISESCO a poursuivi en déclarant : «l’adhésion de la Russie à l'Organisation de la Conférence islamique et à l'Organisation islamique pour l'Education, les Sciences et la Culture -ISESCO- en qualité de membre observateur est un signe de changement. Il s'agit là d'une initiative civilisationnelle positive et pleine de signification que la Fédération de Russie a prise en cette époque que plusieurs observateurs s’accordent à considérer comme une période de renaissance pour la Grande Russie."
Pour conclure l’allocution qu’il a prononcée à la séance d'ouverture du colloque organisé par le Centre des études arabo-islamiques et la Fondation pour le soutien de la culture, des sciences et de la culture islamique à Moscou, le Directeur général a déclaré: "Nous devons voir dans ce colloque une lueur d'espoir qui nous incitera à examiner les questions actuelles relatives aux relations entre la Russie et le Monde islamique pour élargir et renforcer les domaines de coopération dans le cadre d'un partenariat stratégique pour l’intérêt général, la sécurité et la paix dans le monde."
Source: isesco.org