"J'ai demandé à mon administration d'apporter les clarifications fiscales et juridiques nécessaires pour faciliter l'émission de +sukuks+ (obligations sans taux d'intérêt, NDLR), et permettre la structuration d'opérations immobilières de finance islamique", a déclaré Mme Lagarde.
Les sukuks permettent au souscripteur de percevoir un revenu tiré du bien dans lequel son argent a été investi, tout en respectant la loi islamique qui proscrit le principe de l'intérêt de l'argent et l'investissement dans certains secteurs(production d'alcool ou de viande de porc).
La ministre s'exprimait lors du forum financier de l'association Paris Europlace, chargé de promouvoir la place financière de Paris.
"Nous adapterons notre environnement juridique pour que la stabilité et l'innovation de notre place financière puissent bénéficier à la finance islamique", a ajouté la ministre.
"Nous allons développer à la fois sur le plan réglementaire et fiscal tout ce qui est nécessaire pour rendre vos activités aussi bienvenues ici à Paris qu'elles le sont à Londres et sur d'autres places", a-t-elle dit à des investisseurs venus du Golfe.
L'Autorité des marchés financiers, le "gendarme" de la Bourse française, "a déjà mis en place des règles compatibles avec le développement de fonds d'investissement qui remplissent les principes de la charia", a rappelé Mme Lagarde.
Plus tôt dans la journée, le président de l'association Paris Europlace, Gérard Mestrallet, avait annoncé que des "mesures incluant des incitations fiscales" étaient en préparation.
"La loi française offre déjà la meilleure flexibilité et la capacité d'adaptation pour accueillir des opérations de finance islamique. Néanmoins, de nouvelles mesures sont actuellement en préparation, avec l'installation d'un nouveau cadre pour les instruments de gestions d'actifs compatibles avec la charia par l'Autorité des marchés financiers", avait-il déclaré.
L'agence de notation financière Moody's a publié mardi un rapport indiquant que "la finance islamique en France offre un fort potentiel, mais des obstacles demeurent", ajoutant qu'ils "se rapportent moins aux changements législatifs qui seraient nécessaires qu'à des aspects sociaux et politiques".
Lancées il y a une trentaine d'années, le nombre d'institutions financières islamiques dans le monde a atteint plus de 400, réparties dans 75 pays. Le total de leurs actifs dépasse 800 milliards de dollars et augmente en moyenne de 15% par an.
Source: romandie