Ce rendez-vous est «un trait d’union entre musulmans et chrétiens vivant dans un même pays, travaillant ensemble, partageant la même citoyenneté et ayant envie de se retrouver autour d’un héritage spirituel commun», explique Mohamed Loueslati, aumônier de prison musulman, qui y participe depuis 2001.
Le pèlerinage a été instauré par Louis Massignon (1883-1962), un orientaliste converti à l’islam. En 1953, alors qu’il assiste à une fête religieuse, le pardon des Sept Saints, il est frappé par les paroles d’un vieux cantique, très voisines d’une partie de la sourate XVIII du Coran (« Gens de la caverne ») relatant l’histoire des sept martyrs d’Ephèse, emmurés vivants et ressuscités. Louis Massignon décide alors de faire de ce rendez-vous traditionnel un pèlerinage qui donnerait aux chrétiens et aux musulmans une occasion de rencontre et de dialogue. Il souhaite ainsi contribuer à «une paix sereine» entre chrétiens et musulmans, «à une période où ceux-ci commencent à s’entre-déchirer sur le sol algérien» avant la guerre d’indépendance, note l’abbé Christian Le Meur, curé de la paroisse dont dépend le Vieux-Marché.
Cette année, des débats seront organisés sur le thème de la conversion, notamment entre le père Christophe Roucou, chargé des relations avec l’islam au sein de l’Église catholique française, et Bérengère Massignon, sociologue et petite-fille de l’initiateur du pèlerinage.
Source: lorient-lejour