N'étant âgé que de trois ans à la disparition de son illustre père en 1927, Cheikh Mourtada fut confié à son grand frère Cheikh Mouhamadou Moustapha(1888-1945), fils aîné et premier calife de Cheikh Ahmadou Bamba qui veilla particulièrement à son éducation et à sa formation religieuse et intellectuelle.
Il vécut ainsi les premières années de sa jeunesse avec cheikh Moustapha qui lui témoignait à l'instar de tous ses autres frères et soeurs, une rare affection et le confia à différents maîtres auprès de qui Cheikh Mourtada acheva sa mémorisation du Coran.
Le premier calife l'enverra plus tard en Mauritanie où il entama l'étude des sciences religieuses classiques que sont la théologie(tawhid), la jurisprudence islamique(fiqh), le soufisme(tasawuf), les sciences instrumentales(grammaire, rhétorique etc.).
De retour en son pays natal, Cheikh Mourtada retrouve son grand frère qui prit l'usage de l'amener fréquemment en sa compagnie au cours de ses nombreux déplacements à travers le pays aux fins surtout de raffermir son expérience et de parfaire sa formation dans la gestion des affaires de la communauté.
Le caractère du jeune Mourtada était marqué par une remarquable ardeur et une forte détermination à l'acquisition de la science, par un fort attachement à l'orthodoxie et à la sunna du Prophète(PSL), par la tempérance et le détachement des vanités du bas monde et bien d'autres vertus procédant d'une faveur divine particulière. On reconnaissait déjà en lui, dés sa prime jeunesse, l'essentiel des qualités dévolues aux saintes éminences, celles des grands hommes de DIEU appelés à réaliser des destinées exceptionnelles.
Pressé par une soif inextinguible de Spiritualité et d'Amour du Seigneur, Cheikh Mourtada décidera, bien après la disparition de son illustre tuteur, de se retirer pendant une longue période, accompagné d'un nombre restreint de disciples, dans la solitude de la forêt de Bamdouck(ancien Sénégal oriental) pour méditer et se consacrer exclusivement aux dures pratiques cultuelles.
Et ce ne fut qu'à la requête de son grand frère Cheikh Mouhamadou Bachir qu'il consentira à revenir pour se consacrer à ce qui devait être l'une des oeuvres les plus considérables de la Mouridiyah : la propagation du message de l'islam aux quatre coin du globe, l'éducation et l'instruction des disciples mourides disséminés à travers le monde entier.
Doté d'une pureté de cà "ur et d'esprit rarissime, Cheikh Mourtada marqua tous ceux qui eurent la chance de le côtoyer à supporter les autres épreuves de la vie, à l'instar des difficultés imposées à ses débuts par la relative modestie de ses ressources personnelles, les fils cadets du Cheikh, ne jouissant pas encore, en ces temps là de leur notoriété ultérieure et du fait de sa très grande libéralité qui l'incitait malgré tout à prodiguer ses biens aux plus démunis.
Ayant ainsi appris à supporter stoïquement la peine et à surmonter la fatigue et la maladie qui ne l'empêchaient jamais de faire son devoir, l'unique repos de Cheikh Mourtada résidait dans la résiliation de sa mission : accomplir toute oeuvre bénéfique à l'islam, édifier des centres d'enseignement religieux, construire des mosquées, convertir des non musulmans à l'islam, assister les indigents et les nécessiteux etc.
En effet, cet érudit d'envergure, qui perpétuait un héritage spirituel d'une dimension exceptionnelle, s'est énormément investi, comme nul ne l'a jamais fait, dans le domaine de l'éducation, par l'implantation dans tout le Sénégal et dans les communautés sénégalaises du monde entier, des écoles où l'on enseignait le livre de DIEU, les sciences religieuses et profanes qui ont formé plusieurs générations de lettrés du pays.
L'institution Al-Azhar qu'il mit ainsi en place dans les années 70 constitue à ce jour le plus grand réseau scolaire privé du Sénégal avec prés de centaines d'écoles disséminées dans les 11régions du Sénégal et à l'étranger(Europe, Etats-Unis, Afrique). L'effectif des élèves de l'institution dépasse les milliers avec des centaines de professeurs pris en charge sur fonds propres avec la modique contribution financière des élèves dont beaucoup représentent des cas sociaux inscrits gratuitement à l'institut.
Source: Sud Quotidien