Nouredine Rachedi, "tabassé parce que musulman"

10:25 - August 10, 2008
Code de l'info: 1675774
France(IQNA)- Passé à tabac par des inconnus, le jeune homme veut faire reconnaître le caractère islamophobe de son agression.
«Je me suis fait tabasser parce que j’étais musulman.» Molesté dans la nuit du 24 au 25 juillet, alors qu’il rentrait chez lui, Nouredine Rachedi n’a aucun doute sur le motif de son agression. Deux semaines après, toujours sous le choc, ce statisticien de 30 ans revient sur les faits, et dénonce une «montée de l’islamophobie en France».
Ce soir-là, comme à son habitude, Nouredine Rachedi rentre chez lui, en coupant par le parc de Guyancourt, dans les Yvelines. Selon son récit des faits, un peu avant une heure du matin, il croise deux individus qui lui demandent, d’un ton très sec, une cigarette. Une autre question plus étrange s’en suit : savoir s’il est musulman.
Nouredine répond par l’affirmative. Puis c’est un interrogatoire : «Depuis combien de temps tu es en France ?», continue l’un deux. Nouredine explique qu’il y est né, qu’il y a toujours vécu. L’individu lui demande ensuite ce qu’il pense de la situation en ex-Yougoslavie, quelques jours après l’arrestation de Radovan Karadzic, ex-dirigeant des serbes de Bosnie, accusé notamment d’avoir organisé le massacre de 8 000 musulmans à Srebenica.
Nouredine Rachedi demande pourquoi il veut savoir tout ça. A l’en croire, la réponse que lui donnent ses agresseurs est claire: «Parce que nous sommes des nazis.» Puis ils mettent fin à la conversation pour le tabasser. «Ça y est, c’est bon, on se casse!», lâche l’un des deux individus quelques secondes plus tard. Nouredine dépose plainte. Le caractère raciste de l’agression n’est pas relevé.
Après avoir reçu, une fois à terre, plusieurs coups de pieds sur l’ensemble du corps et sur la tête, Nouredine se relève et appelle les secours. L’unité médico-légale de Versailles lui diagnostique des plaies au crâne, plusieurs hématomes sur le corps et le visage, et un pneumothorax(déplacement du poumon). Vingt et un jours d’incapacité temporaire de travail (ITT) lui sont reconnus.
Le 25 juillet dans la journée, Nouredine dépose plainte auprès du commissariat. La police qualifie l’affaire de «violences volontaires aggravées en réunion». Grâce à des photos, Nouredine identifie l’un de ses agresseurs. Trois jours plus tard, il revient au commissariat demander pourquoi le caractère raciste n’a pas été retenu sur sa plainte. La police lui indique qu’il faut en faire la demande auprès du procureur.
Pour Nouredine, aucun doute: «Ils sont venus vers moi parce que je suis de type maghrébin. C’est parce que j’ai répondu que j’étais musulman qu’ils m’ont tabassé.» Il dénonce «la normalisation de l’islamophobie, et plus généralement des thèses d’extrême droite en France».
Source: Rue89
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