Le Cheikh Sahib Habli, membre du conseil des ulémas libanais a ajouté que la transcription phonétique du saint Coran risquait d'entraîner des erreurs de sens et était un prétexte pour certains orientalistes mal intentionnés, pour critiquer les enseignements coraniques.
L'imam de la mosquée "Ibrahim" de Seïda, au Liban, a souligné qu'il était tout à fait possible que la transcription en phonétique permette le retrait de certains versets qui ne plaisent pas aux islamophobes et leur permette de transformer les sens et les enseignements de la Révélation.
"Les orientalistes et les islamologues occidentaux travaillent depuis des siècles sur le saint Coran, sur les conditions de la révélation des versets, de l'Histoire de la compilation du saint Coran, de la littérature coranique et sur le sens des versets, et ont donné des avis divers dans des milliers de livres et d'articles. Malheureusement, aujourd'hui, un groupe travaille avec les médias occidentaux pour donner de fausses interprétations des fondements islamiques et des sens coraniques, et donner une fausse image de l'islam aux non musulmans. A notre avis les pressions pour une publication en phonétique du saint Coran entrent dans ce cadre. Dire qu'une transcription phonétique pourrait aider les gens qui ne savent pas l'arabe, à avoir un accès plus facile au saint Coran, est une erreur, car une transcription phonétique n'aidera en rien à comprendre le sens coranique. Elle ne faciliterait que la lecture.
La décision du conseil européen des Fatwas, a été prise pour empêcher la publication de transcriptions contenant des erreurs. Les non arabophones et les Européens devraient tout d'abord apprendre l'arabe et étudier les traductions, s'ils veulent comprendre les véritables sens coraniques. Nous avons d'excellentes traductions, faites par des orientalistes de renom, en coopération avec les ulémas et les spécialistes musulmans, dans différentes langues européennes et même dans des langues moins répandues", a-t-il souligné.
Le Cheikh Sahib Habli qui est aussi lecteur coranique et enseignant de phonétique arabe au centre coranique de Seïda, a rappelé que Dieu s'était porté garant de la protection du saint Coran, dans le verset 9 de la sourate Hedj : «إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ» mais que la responsabilité de la défense de ses interprétations, contre les manœuvres de certains propagandistes qui cherchent à en déformer le sens, avait été confiée aux musulmans.
"Les musulmans ne doivent pas abandonner le domaine de la traduction aux orientalistes occidentaux, les traductions et les commentaires doivent être reconnus par les commentateurs réputés et les spécialistes coraniques du monde de l'islam. Le saint Coran a été révélé par Dieu en arabe qui est une langue de réflexion. Le verset 2 de la sourate Yussof : «إنا أنرلناه قرآنا عربيا لعلكم تعقلون» et le verset 13 de la sourate Taha: «وكذلك انزلناه قرآنا عربيا» y font directement allusion.
Il est donc nécessaire que l'écriture du saint Coran soit faite en arabe, et que les sens soient traduits dans diverses langues étrangères. Le conseil européen des Fatwas est un organisme légal dans le monde, de nombreux ulémas et intellectuels en font partie comme Yussof Gharzawi, président de l'Association internationale des ulémas. Les décisions qui y sont prises visent à protéger le texte sacré et la loi islamique, et à empêcher que le saint Coran ne devienne un outil aux mains des ennemis. Les décisions de ce conseil sont reconnues par le Centre international des Ahl-ul-Bayt(AS), l'université Al Ahzar, le centre international de la jurisprudence islamique et les centres coraniques dans le monde. avec les traductions en différentes langues européennes, une transcription phonétique ne paraît pas nécessaire. Par contre il est nécessaire de créer des centres d'enseignement de l'arabe dans le monde. Les traductions même au mot à mot, n'aideront jamais à une compréhension totale du texte, que dire d'une transcription phonétique ? Il est nécessaire que les traducteurs se réfèrent dans leur travail aux différents commentaires d'Ebn Kasir, de l'imam Ghortabi et à celui de Tabari", a-t-il déclaré.
Répondant à une question du journaliste d'IQNA sur les effets négatifs d'une telle décision dans le milieu, en pleine croissance, des nouveaux convertis européens, il a souligné que les nouveaux convertis savent que la transcription phonétique n'aide en rien à la compréhension des sens coraniques dont ils sont à la recherche.
"Les musulmans doivent créer des centres d'apprentissage de la langue arabe partout dans le monde, et ne pas laisser certaines gens utiliser à mauvais escient, la décision du conseil européen des Fatwas qui a le devoir d'expliquer les raisons de sa décision dans les médias et les publications, et de faire comprendre que cette décision a été prise pour éviter les falsifications du message coranique. Il faut que ce conseil fasse bien comprendre au monde que cette interdiction ne signifie pas que le saint Coran appartient aux arabes, tous les peuples quelle que soit leur langue, leur race et leur croyance, peuvent accéder aux sens et aux enseignements coraniques, mais les règles religieuses doivent être respectées, et les ulémas et les spécialistes musulmans, doivent avoir un contrôle sur les activités de traduction et de commentaires. Nous avons aujourd'hui d'excellentes traductions en persan, en turc et en d'autres langues, vraiment les Iraniens dans le domaine du commentaire en langue arabe ont prouvé leur supériorité dans le monde de l'islam. Les ulémas, les chercheurs coraniques, les centres d'enseignement islamique et les défenseurs de l'école des Ahl-ul-Bayt(AS), doivent tous défendre ce livre sacré et l'islam, contre les manœuvres des ennemis et travailler à une présentation correcte des sens coraniques, au monde".
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