Peut-on interdire le port du foulard à l’Université de Moncton? Doit-on permettre à des étudiants de ne pas écrire d’examens entre vendredi et samedi par respect pour leurs convictions religieuses? Doit-on faire construire une mosquée pour les étudiants universitaires musulmans sur le Campus, comme il existe une chapelle pour les étudiants catholiques?
C’est à ce genre de questions que s’attaquera le colloque intitulé "L’Insertion des convictions philosophiques et religieuses dans les droits positifs contemporains."
Si jusqu’à maintenant le Nouveau-Brunswick n’a pas eu à faire face aux problématiques qui vont de pair avec l’arrivée d’immigrants de plusieurs cultures et religions différentes, il risque d’avoir à se mouiller bientôt.
"C’est un vieux problème, qui est terriblement d’actualité. Le Nouveau-Brunswick a été relativement épargné, mais ça viendra. Déjà, c’est une réalité très présente ailleurs au Canada, dont au Québec et en Ontario. La Cour suprême se prononce régulièrement sur des choses de cette nature", explique Jacques Vanderlinden, professeur associé à l’École de droit et conseiller scientifique du Centre international de la common law en français(CICLEF).
C’est dans cette optique que le CICLEF a invité 14 spécialistes venant d’Europe, d’Afrique et d’Asie à faire part de leurs expériences en la matière.
"Moncton grandit, et on n’empêche pas la diversité. D’ailleurs, la province souhaite attirer des immigrants, qui sont de plus en plus nombreux. Il faudra songer à accommoder leurs convictions, alors autant y réfléchir tout de suite. On peut s’inspirer de la manière dont d’autres pays le font, voir si cela fonctionne ou non", dit M. Vanderlinden.
Le colloque permettra donc de commencer une réflexion sur la façon dont on veut gérer ces problématiques, qui sont très complexes.
"Il faudra se poser la question, jusqu’où le droit accepte-t-il la différence philosophique et religieuse des gens? Le Canada est un pays qui se veut démocratique et multiculturel. Il faut savoir si on permet aux immigrants de vivre dans leurs convictions de la même manière. C’est difficile, comme question", souligne-t-il.
Par ailleurs, le thème du colloque englobe des enjeux beaucoup plus larges que la question des accommodements raisonnables.
"Les accommodements raisonnables sont une façon de voir ces problématiques, mais ne sont qu’un procédé parmi tant d’autres pour satisfaire les attentes des personnes qui vivent dans une société dont la culture n’est pas la leur", fait savoir M. Vanderlinden.
Source: acadienouvelle.com