Détermination du début des mois lunaires

9:18 - August 19, 2008
Code de l'info: 1678246
Sénégal(IQNA)- La question était de savoir si le calcul astronomique pouvait être utilisé à cette fin et le débat réunissait deux intellectuels musulmans : un «ancien» qui défend l’observation visuelle comme seul moyen de déterminer le premier jour du mois et un «moderne» qui prône l’idée de faire appel au calcul astronomique.
Evidemment, les deux protagonistes ont chacun eu raison grâce à un argumentaire béton fondé sur le Coran et le Hadith, ce qui laisse encore de beaux jours à la confusion au sein des communautés musulmanes sur la question.
Cependant, le principal intérêt que l’on pourrait trouver au débat est qu’il a permis de montrer comment les intellectuels musulmans appelés «fuqaha»(les savants en matière de «fiqh», le droit musulman) sont parvenus à expurger la recherche scientifique du champ du questionnable en Islam et à confiner cette religion dans le conformisme.
On peut seulement signaler que le mathématicien musulman qui a produit le traité ayant donné son nom à l’algèbre comme discipline des Mathématiques a vécu entre les 8e et 9e siècles de l’ère chrétienne : l’Europe était en train de plonger dans la nuit du Moyen-Age et n’avait pas encore d’écriture.
L’Islam connaît un certain nombre de problèmes avec la «modernité» du simple fait que les sciences profanes n’ont pas été intégrées dans le corpus de la loi islamique, la «Chariah», cette Loi qui régit toutes les affaires et qui est devenue un véritable épouvantail pour les occidentaux, la voie de l’Ordre(Coran 45/18). Ainsi, cette communauté, la Oummah, est devenue un ensemble de populations sous ordre au lieu d’être une communauté d’adeptes avant-garde du genre humain comme l’avait voulu son Promoteur choisi «al-Moukhtar»(psl) qui avait fait de la recherche de la connaissance une obligation pour chaque adepte et recommandé d’aller à la quête du savoir jusqu’en Chine si nécessaire. Pendant que l’Europe menaçait de mener ses savants au bûcher, le livre saint de l’Islam posait déjà pour ses adeptes les rudiments d’astronomie qui allaient faire les brillants astronomes musulmans dont les cratères de la lune portent les noms(peu de ces «fuqaha» le savent).
La Oummah aurait dû s’appuyer sur les trois piliers que sont le Coran, la Tradition prophétique (les enseignements bien compris du Prophète(SAWA)) et les sciences profanes : les premiers siècles de l’Islam ont été des siècles de recherche scientifique effrénée et d’un foisonnement intellectuel dense. Les musulmans ont ensuite donné de leur religion un autre visage que l’on s’efforce aujourd’hui de dépeindre de manière aussi hideuse que possible : des sociétés archaïques sinon arriérées, mal organisées parce que s’appuyant sur un corpus incomplet pour ne pas dire bancal, proies faciles des autres puissances(la quasi-totalité des pays musulmans ont subi la colonisation). Le troisième pilier manquant, les sciences profanes, aurait sûrement fait de l’Islam cette religion de tous les temps comme l’avaient promis le Prophète(SAWA) et le Coran au lieu de cette religion présentée comme le gros «problème» de toutes les sociétés actuelles et qui l’est quelque part au regard des dissensions en son sein.
Les «anciens» défendent la thèse de la vision du nouveau croissant avec un tel acharnement que l’on pourrait croire que le jeûne est dédié au croissant. Or, le croissant lunaire, le «hilal», permet seulement de déterminer un moment(qui dure 29 ou 30 jours) tout comme le soleil permet de déterminer les cinq moments «mawaaqît» de prières dans la journée.
Comble d’ironie, l’on accepte bien de calculer ces moments de prières canoniques à l’aide d’une montre ce qui est bien commode quand le temps est couvert et personne ne semble s’en offusquer pour cette obligation rituelle.
Source: sudonline
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