Maroc: Controverse sur la nuit du doute

12:18 - August 26, 2008
Code de l'info: 1680716
Maroc(IQNA)- Le ministère des Habous et des Affaires religieuses doit annoncer, dans un communiqué très attendu, le début du mois de Ramadan.
Cette année encore le suspense serait maintenu jusqu'à la dernière minute sur la visibilité du croissant lunaire.
Aujourd'hui, on ne sait pas encore avec exactitude quand débutera Ramadan. Cette problématique vient encore une fois alimenter le débat qui oppose, depuis des lustres, les adeptes de la méthodologie scientifique aux ouléma conservateurs. Si pour les premiers, les progrès scientifiques atteints, aujourd'hui, permettent aisément d'établir longtemps à l'avance un calendrier lunaire et de préciser avec exactitude les dates des fêtes religieuses, il n'en demeure pas moins que pour les ouléma, la Sunna reste le seul repère de tous les musulmans.
Ces derniers doivent ainsi respecter la Sunna et le saint Coran et ne jeûner qu'à la vue du croissant lunaire, et c'est la même chose pour le jour de l'Aïd El-Fitr. Au lendemain de l'indépendance, les dirigeants de notre pays avaient opté pour les calculs scientifiques quant à l'établissement du calendrier lunaire et cela permettait une meilleure gestion des affaires économiques notamment. Les chefs d'entreprise et les travailleurs pouvaient ainsi s'organiser et ceux qui habitaient loin prenaient leurs dispositions pour être chez eux le jour de l'Aïd surtout. Mais cette méthode a été remise en cause quelques années auparavant.
Depuis, à chaque veille du Ramadan, les Marocains sont collés à leur poste de télévision, guettant la moindre information sur la “vue” ou non du croissant lunaire. Pour les scientifiques, et parmi eux certains uléma, cette méthode est certes dictée par le saint Coran, mais “voir” n'est pas à prendre au sens le plus aigu, car, pour eux, les calculs scientifiques sont une sorte de vision cartésienne. Pour les défenseurs de la nouveauté, les horaires de prières ne sont plus établis de nos jours par des méthodes archaïques et approximatives, mais grâce à des horloges atomiques de très grandes précisions.
Pour cette frange d'uléma, il n'y a même pas lieu de discuter sur la faisabilité des calculs astronomiques et ils citent comme exemple l'éclipse solaire de 1999, prévu par des calculs établis en 1947. “Cette éclipse a eu lieu à la date et à l'heure annoncées, dans les régions du monde nommées avec précision, 42 ans auparavant. Ce n'est pas les dates du début et de la fin de chaque ramadan qui poseraient problème aux scientifiques. Pour le moment, le débat reste ouvert et, aujourd'hui, les uléma conservateurs semblent l'emporter mais des failles commencent à apparaître”.
Source: marocinfocom
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