Les rayons du soleil dardent sur le quartier Grand-Yoff, en ce jour de samedi 6 septembre. Les femmes et les filles, par affinité ou par amitié, se dirigent vers le marché. A la cité Millionnaire, derrière l’école maternelle « les cours saint-Dominique », règne un calme précaire. La mosquée se trouve à quelques jets de pierres de l’école. Un vieux d’une cinquantaine d’années, allongé sur un long fauteuil, lit tranquillement un livre d’arabe. A l’intérieur de la maison se trouve une centaine de garçons, des jeunes filles dont certaines portent le voile. Tous sont assis sur la natte. Ils tiennent dans les bras une ardoise en bois ou des cahiers. Ils apprennent l’alphabet arabe sous les regards inquisiteurs du maître et de l’assistant. Ici, c’est l’effervescence pour l’apprentissage des versets du saint Coran en temps de vacances. « Tous les élèves arrivent ici à 8 heures et demie au plus tard pour apprendre la parole de Dieu, le Coran, la parole du prophète Mohamed (sawa), les « hadisses ». Chaque année, quand l’école ferme les portes, les parents envoient leurs enfants ici pour apprendre un autre enseignement, l’arabe, le coran » explique Ousmane Sokhna, maître de l’école. Il ajoute que : « Le saint Coran forme l’individu et l’enfant en particulier, il développe l’intelligence de la personne et lui inculque un bon comportement ». Son assistant lui emboîte le pas. L’apprentissage des versets du saint Coran, soutient-il, développe chez l’enfant une bonne faculté de compréhension.
Ce rush vers les écoles arabes peut s’expliquer par le souci d’initier les enfants à la lecture des versets du saint Coran, mais aussi de les empêcher de traîner dans la rue. « Je viens ici pour apprendre le coran, parce que je veux connaître ma religion », confie Awa Sylla, élève en classe de Cm2 aux Hlm Grand Yoff 2. Les parents paient 1000 F pour chaque élève à la fin du mois. Oustaz Sokhna dispense des cours du saint Coran dans cette petite mosquée depuis 2003. Il fait 6 heures de cours dans la journée. De l’autre côté de Grand-Yoff, en face du collège Hyacinthe Thiandoum, deux jeunes originaires de la Guinée encadrent les jeunes élèves sous un arbre de la cour d’une mosquée. « Nous travaillons ici pour gagner notre vie. Nous avons appris le Coran en Guinée, nous n’avons pas de travail depuis que nous sommes à Dakar et des responsables de famille nous ont proposé d’enseigner leurs enfants. C’est un travail contraignant », renseigne Boubacar Diallo un des maîtres. Dans cette école, les cours ont démarré depuis juin. Chaque jour, les enfants sont en classe de 8 heures jusqu’à midi. Ils reviennent à 15 heures et rentrent à 17 heures. « Chaque jour, je viens ici pour apprendre à lire », dit Mamadou Alpha Bâ.
Source: lesoleil