En tournée dans la Vallée du Bandama, la collaboratrice de Pascal Affi N'Guessan a demandé à rencontrer les chefs des communautés musulmanes de la ville. Elle entendait leur offrir du sucre et, surtout, elle a demandé que tous les imams soient réunis à la grande mosquée afin qu'elle vienne s'adresser à eux. L'épouse du chef de l'Etat a essuyé un refus catégorique de la part de El Hadj Mamadou Sy, chef des communautés.
Le porte-parole de ce dernier, Badiawal Touré, a décliné le don de sucre. Il a clairement fait comprendre à l'encombrante hôte que les musulmans étaient dans un mois de piété et d'imprégnation totale dans le saint Coran. Alors que la nature et le ton des paroles de Simone Gbagbo n'étaient pas favorables à un climat de paix.
Selon les responsables de la communauté musulmane de Bouaké, l'Accord politique de Ouagadougou (Apo) leur a apporté la tranquillité. Ils ont noté que sans cet accord, les propos de la député d'Abobo auraient mis le feu et eux ne seraient sans doute pas là pour la recevoir.
M. Touré a aussi rejeté toute visite à la grande mosquée. Il a indiqué que c'est le stade de la ville qui accueillait les manifestations politiques et non le lieu de culte. Par conséquent, il n'était pas possible de réunir les imams pour venir écouter un discours politique.
Un symbole. Car, le mois de Ramadan est par essence celui de la charité. Pendant cette période, les musulmans offrent et reçoivent avec beaucoup d'enthousiasme. Beaucoup de sucre circule. Accepter le don de l'autre est un signe de l'honneur qu'on lui porte.
Traditionnellement, le don est toujours accepté dans un esprit d'ouverture, de piété et de pardon. Le rejet du sucre de Simone Gbagbo par les imams de Bouaké n'en est que plus symbolique de l'image qu'elle véhicule désormais.
Source: Nord-Sud