Malgré les divergences qui existent sur ce sujet, tout le monde reconnaît que la première traduction a été faite en Espagne, en latin, dans le cadre d'une propagande anti-islamique. Cette traduction a longtemps été la seule référence pour les prêtres et les chercheurs, jusqu'à ce que d'autres traductions de meilleure qualité, et en d'autres langues, furent entreprises. L'enseignement du saint Coran pendant quatorze siècles, a été le plus important sujet de recherches et ce livre est celui qui a été le plus traduit dans le monde, bien que des intentions diverses et certaines manœuvres se cachaient derrière ce mouvement de traductions, tant chez les musulmans que chez les partisans des autres religions.
D'après Roger Blachère, orientaliste français, les évêques de la ville de Tolède, en Espagne, chargèrent un groupe de la traduction du saint Coran, l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable le fait traduire en latin en 1141.
Avec l'aide des travaux de Robertus Retenensis, mais étant donné leur manque de connaissances de la langue arabe, les traducteurs n'ont pas toujours compris le sens ou se sont contentés d'un résumé du texte qui resta pendant des siècles, la seule référence des chrétiens. Une ancienne traduction est celle qui fut faite en latin en 1543, par Robert katoni et Hormanus Dalmata, et publiée en Suisse, à Bâle.
Au seizième siècle, avec la découverte de l'imprimerie, le prêtre suisse Théodore Boghman, publie une traduction à Bâle, en 1543 qui est actuellement conservée à la Bibliothèque nationale de Paris. Salomon Schweiger en 1616, à Nuremberg, propose une traduction en allemand, qui sera traduite en hollandais en 1641. Jusqu'à cette époque aucune traduction satisfaisante n'existait en Europe, ce n'est qu'au XVII° siècle que la traduction d'André Dorir, consul de France en Egypte, qui avait vécu à Constantine, est publiée en français sous le nom "le saint Coran de Mohammad" en 1647, à Paris.
Cette traduction devient très vite célèbre et a été republiée dix fois à Paris, et dix fois à Amsterdam. En 1547, André Ariouvabne publie sa traduction en italien, à Venise, qui semble-t-il est la première traduction italienne.
Le problème de la traduction coranique est apparu dès les premières conversions de non arabes à l'islam, certains savants étant pour, et certains contre la traduction. Les partisans de la traduction argumentaient le fait que Salman le Persan avait traduit la sourate "Hamd" pour les Perses, que la sourate "Maryam" avait été traduite pour le roi d'Abacheh en éthiopien classique, et que les lettres du Prophète(SAWA), qui contenaient plusieurs versets coraniques, avaient été traduites à l'époque du Prophète(SAWA), sans que le Prophète(SAWA) ne manifeste aucune opposition.
Aujourd'hui, la question de la traduction ne pose plus de problèmes, la traduction du saint Coran et des livres islamiques est devenue un moyen de propagation de l'islam. Le centre de traduction coranique, comme chaque année, présente à l'exposition internationale, un tableau des traductions du saint Coran en 107 langues vivantes, avec des statistiques sur la répartition des différentes langues, albanais, allemand, français, espagnol, italien, bulgare, portugais, finlandais, latin, polonais, hollandais, grec et d'autres langues européennes, et une information sur les travaux de traduction et les meilleures traductions dans chaque langue.
L'anglais qui est parlé par 450 millions d'habitants de la planète, dans plus de 60 pays, et par 10 millions de musulmans, compte jusqu'à présent 80 traductions. La première est celle d'Alexandre Ross, en 1648 et celle de Georges Sale en 1844 . La plus connue actuellement et la plus accessible est la traduction collaborée de Abdollah Yussef Ali et de Mir Ahmad Ali.
L'Albanie compte 5 millions d'habitants dont 3,5 millions sont musulmans, quatre traductions existent dont la première est celle d'Ebrahim Dariur, en 1929, la plus utilisée est celle de Sharif Ahmadi.
L'espagnol est parlé en Espagne et dans 43 autres pays, soit 358 millions d'habitants dont seulement 700000 sont musulmans. Nous avons 22 traductions dans cette langue, dont la première est celle de José Garbar Robles, en 1844, publiée à Madrid, la plus utilisée est celle de Cortez.
Sur les 62 millions de gens qui parlent l'italien en Italie, en Suisse, à Monaco et au Vatican, un million seulement sont musulmans, la première traduction est celle d'André Arouvabne, publiée à Venise en 1947.
Sur les 9 millions de gens qui parlent le bulgare, 900000 sont musulmans. Nous avons cinq traductions dans cette langue, dont la première est celle de Stephan Tomof et Stephan yaskolof, en 1930.
L'allemand est parlé en Allemagne, en Autriche, en Suisse et dans plus de quarante pays dans le monde, et compte 5 millions de musulmans. 27 traductions ont été publiées jusqu'ici, la première est celle de Salomon Schweitger, en 1616, publiée à Nuremberg. La meilleure est celle de Rudy Part.
42 millions parlent le polonais dans près de 20 pays, avec 840 000 musulmans. La première traduction de Yamourzi Turc Bustakigo, fut publiée à Varsovie, en 1858.
La langue qui est parlée en Slovaquie, en Ukraine, en Bulgarie et en Roumanie, représente 13,6millions de personnes dont 816000 musulmans, avec trois traductions complètes du saint Coran, la première en date étant celle de Giorg Gad'oun, publiée en 1813.
Le hollandais est parlé en Hollande, en Belgique et en Australie, par 20 millions de personnes, dont seulement 1,1 millions sont musulmanes. La première traduction est celle de Salomon Schweitger, qui date de 1641, publiée à Hambourg.
Sur les 12 millions de personnes qui parlent le grec, 180000 sont musulmanes, la première traduction coranique date de 1714, d'un auteur inconnu. La traduction la plus répandue est celle de l'université d'Al Ahzar, faite par un groupe de religieux, et publiée en 1418 à Médine(Arabie saoudite). Une seule traduction existe en espéranto, publiée en 1969 par Italo Tchiusi, à Copenhague.
Si ces traductions ont marqué un pas dans la présentation des enseignements islamique, il ne faut pas oublier que bon nombre de traducteurs cherchaient à servir la propagande anti-islamique et à donner de l'islam une image violente. Seuls les traducteurs musulmans, peuvent éviter ces inconvénients et donner une image authentique de l'islam. A l'époque des relations et du développement des communications, une responsabilité très lourde incombe aux intellectuels et aux traducteurs.
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