Québec: Premier cimetière musulman

10:34 - September 17, 2008
Code de l'info: 1688251
Canada(IQNA)- Une partie du cimetière Notre-Dame-de-Belmont, où reposent notamment les ex-premiers ministres Jean Lesage et Louis-Alexandre Taschereau, pourrait devenir un cimetière musulman.
Renald Julien, directeur général de la Corporation qui regroupe deux cimetières, dont Notre- Dame-de-Belmont, demande une «dérogation» à la Ville.
Une partie du cimetière Notre-Dame-de-Belmont, où reposent notamment les ex-premiers ministres Jean Lesage et Louis-Alexandre Taschereau, pourrait devenir un cimetière musulman.
Depuis quelques semaines, les responsables du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) négocient avec les gérants du cimetière situé à Sainte-Foy en vue d'acquérir une portion de terrain de 120 000 pieds carrés qui servirait de cimetière pour la communauté musulmane de la ville.
La transaction de 900 000 $ pourrait cependant avorter à cause de la «Contribution pour fins de parcs», une taxe qui permet «d'aider la municipalité à établir, agrandir et aménager des parcs ou des terrains de jeux ainsi qu'à protéger des espaces naturels».
Dans les faits, la vente d'une partie du cimetière obligerait les gestionnaires de Belmont à débourser 1,3 million de dollars au titre de cette «contribution», une somme de loin supérieure au bénéfice escompté pour la transaction. L'autre choix serait de céder une partie du terrain à la Ville, ce qui ne convient pas non plus aux dirigeants du cimetière.
«Le projet (de vente) avancera si la Ville décide de collaborer. Le problème est que la taxe correspond à 10 % de la valeur de la propriété. C'est un non-sens (...). On débourserait pour aider une communauté. C'est illogique», regrette Renald Julien, directeur général de la Corporation qui regroupe deux cimetières, dont Notre-Dame-de-Belmont. Ce dernier demande à Québec une «dérogation», voire un changement à la loi provinciale qui autorise cette taxe.
Du côté du CCIQ, le responsable des relations externes, Mustapha Skakni, rapporte que son organisme a envoyé une lettre à la Ville «il y a quatre ou cinq semaines pour lever le problème». M. Skakni rappelle que la communauté musulmane caresse ce projet de cimetière depuis de nombreuses années. Actuellement, en cas de décès, deux possibilités s'offrent aux proches d'un défunt : le rapatriement vers le pays d'origine ou un enterrement à Laval, dans le seul cimetière musulman de la province.
«Dans le premier cas, ça coûte autour de 10 000 $, ce qui est très cher. L'enterrement à Laval est compliqué à cause de la distance et des procédures à suivre. Avoir un cimetière ici devient de plus en plus un besoin, surtout avec l'augmentation des membres de la communauté musulmane (de 5 000 à 6 000 âmes)», soutient M. Skakni.
Peu au fait des détails entourant ce dossier, Paul-Christian Nolin, porte-parole du maire Régis Labeaume, a promis de nous rappeler aujourd'hui. Même son de cloche du côté du porte-parole de la Ville de Québec, Jacques Perron.
Les préceptes de l'islam préconisent que les fidèles soient enterrés dans un cimetière qui leur est propre. À défaut, un carré musulman dans un cimetière catholique - à condition que la séparation entre les deux soit nette - peut faire l'affaire, au dire de M. Skakni.
Source: canoe
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