La diffamation des religions n’existe pas?

13:29 - October 08, 2008
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Etats-Unis(IQNA)- Le nouveau rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’expression, Frank La Rue Lewy, va devoir gérer la délicate question de la "diffamation des religions" et notamment de l’islamophobie, qu’il qualifie de "stéréotype inquiétant."
Le Guatémaltèque Frank La Rue Lewy est à Genève pour sa première visite en tant que rapporteur sur la liberté d’expression. Ancien réfugié aux États-Unis à l’époque de la dictature militaire qui a dévasté son pays, ce militant de la société civile et journaliste assume un mandat amendé par un groupe d’États islamiques, arabes et africains, qui voudraient une attention particulière de sa part sur la notion de «diffamation des religions».
Plusieurs gouvernements islamiques se sentent victimes d’attaques contre leur appartenance religieuse. Ils demandent une intervention accrue de l’ONU. Qu’en pensez-vous ?
Ils disent que dans le monde actuel il y a un préjudice contre l’islam. Je tends à croire que c’est vrai et je leur donne raison. Depuis le 11 septembre 2001, on voit l’islam comme le berceau du terrorisme. Il s’agit d’un stéréotype inquiétant. Je pense que dans le monde islamique la majorité de la population croit à la paix et voudrait vivre en harmonie.
Ces gouvernements voudraient créer une nouvelle norme à l’ONU pour réprimer la «diffamation des religions». Est-elle nécessaire ?
Non. La diffamation des religions n’existe pas. Ce qui existe, c’est faire du mal à une personne ou à un groupe humain, mais je ne peux pas transformer ceci en une abstraction. Il est normal de se prononcer sur n’importe quelle religion et cela ne devrait pas constituer un délit. Le problème est la discrimination à cause de la religion.
Mais cela ne doit-il pas être réglé par la loi du pays où le fait contesté a eu lieu ?
Oui. Tous les droits de l’homme ont implicitement un niveau personnel de responsabilité. Le Pacte des droits civils et politiques de l’ONU établit les limites de l’exercice de la liberté d’expression. C’est le respect de l’autre, la sauvegarde de la sécurité et de la santé nationales, de l’ordre et de la moralité publiques. Ce Pacte interdit tout appel à « la haine nationale, raciale ou religieuse qui constitue une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence ».
Il revient aux États de faire des lois et de les appliquer pour y arriver. Est donc condamnable toute attitude de discrimination ou d’incitation à la violence ou à l’hostilité contre un groupe humain en raison de sa religion. Mais ces restrictions sont liées aux actes des individus concrets.
Source: droitshumains-geneve
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