La prévenue devra s'acquitter de 500 euros de dommages et intérêts auprès de quatre parties civiles, ainsi que d'un euro symbolique à la Ligue des droits de l'homme, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme(Licra) et le Mouvement contre le racisme et l'amitié entre les peuples(Mrap), également parties civiles.
Yvette Truchelut était jugée pour avoir refusé l'accès de son gîte à Horia Damiati et sa mère, ainsi qu'aux cinq personnes - dont un nourrisson et un adulte handicapé - les accompagnant, parce que les deux femmes n'acceptaient pas d'ôter leur voile islamique comme elle le leur avait demandé.
"Je ne leur ai pas refusé le gîte. J'ai demandé qu'elles retirent leur voile dans les parties communes", a précisé la propriétaire le 3 septembre à l'audience d'appel, ce qui a été contesté par Horia Damiati. Mme Truchelut, "couverte d'injures" depuis cet incident selon son avocat, a choisi de fermer son gîte.
Auditeur financier au solide parcours universitaire, Mme Damiati, qui avait affirmé porter le voile "par choix", a été traitée d'"intégriste" sur internet.
"Le dossier a été monté en sauce, ce qui à un moment a donné lieu à des débordements", a reconnu l'avocat général Philippe-Cédric Laumosne qui, se refusant à faire des deux femmes des "martyres", n'a pas requis d'amende à l'encontre de Mme Truchelut et laissé "à l'appréciation de la cour" une condamnation éventuelle à une peine de prison.
En octobre 2007, le tribunal correctionnel d'Epinal avait condamné la propriétaire à quatre mois de prison avec sursis pour discrimination religieuse et au paiement de 4.400 euros d'amende aux différentes parties civiles, au terme de débats très houleux et médiatisés sur la laïcité et les valeurs de la République.
L'ensemble des parties avaient fait appel.
Source: AFP