Pour les membres de l’I.H.E.I., la méconnaissance des fondements et des pratiques de l’islam, par les sociétés occidentales, est à l’origine de la méfiance que les occidentaux montrent à l’égard d’une Tradition dont l’origine est pourtant commune au judaïsme et au christianisme.
La situation particulière de l’islam dans les sociétés occidentales, et plus spécifiquement dans la République laïque française, nécessitait une clarification des principes et pratiques de l’islam.
En effet, la méconnaissance de ces principes et des applications qui en découlent, tant par la société civile, les médias et les administrations, que par une grande partie de la communauté musulmane, en Occident et même dans les sociétés dites islamiques, suscitait une méfiance et une incompréhension qui faisaient obstacle à des relations sereines sur des bases réelles.
Alors que le point de vue occidental moderne tend à séparer radicalement le domaine religieux, qu’il ignore souvent, de la sphère de la vie quotidienne, la perspective de certains musulmans les conduit, parfois, au contraire, à confondre les différents domaines de l’existence ou ceux de la connaissance intellectuelle et des savoirs spécifiques, scolaires ou universitaires.
Ces deux perspectives se rejoignent néanmoins pour ignorer la dimension métaphysique et intellectuelle présente dans l’islam, de même qu’à l’origine de toute Tradition religieuse authentique.
Cette confusion peut susciter l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques et territoriales et générer l’intégrisme, voire le terrorisme. Elle aboutit également à une absence totale de véritables repères et référents qui peut entraîner la déliquescence du tissu social et la remise en cause de l’ordre et du bien publics.
Pour répondre à ces différentes problématiques et pour les dépasser, sur la base de ses travaux, le groupe de réflexion initial a fondé, en 1994, l’Institut des Hautes Etudes Islamiques.
La double culture, européenne et musulmane, des membres qui composent l’I.H.E.I., permet à celui-ci de s’adresser plus spécifiquement au public occidental, souvent peu ou mal informé sur l’islam. En dehors de tout prosélytisme, il s’agit pour l’Institut de faire connaître, dans un langage adapté aux modes d’expression et de communication du monde contemporain, le patrimoine spirituel et intellectuel de la Tradition islamique, tout en donnant le témoignage d’une spiritualité vécue dans le contexte de la société moderne.
Conscient que la méconnaissance des principes et des applications de l’islam, tout autant que celle des autres Traditions religieuses, participait d’une préjudiciable perte de repères et de valeurs, notamment pour les jeunes populations, et pouvait conduire à des situations conflictuelles, l’Institut des Hautes Etudes Islamiques a entrepris de :
-faire connaître et promouvoir le patrimoine spirituel et intellectuel de l’islam à travers ses fondements, ses pratiques, ses modes d’expression et ses échanges avec les autres Traditions et civilisations; -assurer la fonction d’interface avec plusieurs réalités actuelles :
*l’Etat, les collectivités territoriales et les diverses administrations sectorielles; *les universités et leurs départements d’étude et de recherche, ainsi que les structures scolaires; *les institutions représentatives des autres Traditions religieuses.
Cette mise en perspective de son caractère fondamental permet de mieux identifier la place de l’islam dans la société contemporaine et de mieux appréhender les enjeux mondiaux actuels, dans le souci de préserver le bien commun et la cohésion entre toutes les composantes du corps social.
Source: ihei-asso.org