L'Inde, peuplée de 1,1 milliard d'habitants --dont 80% d'hindous, 14% de musulmans et 2,3% de chrétiens-- a été récemment le théâtre de heurts entre extrémistes hindous et catholiques dans l'est(35 morts) et d'affontements entre migrants musulmans et groupes tribaux dans le nord-est(50 morts).
"L'aspect peut-être le plus perturbant et le plus dangereux(de ces violences), c'est l'attaque contre notre multiculturalisme et voir se dessiner des lignes de fracture entre et au sein des communautés", a averti M. Singh devant un parterre de Premiers ministres des Etats fédérés de l'Union indienne réunis à New Delhi.
Les violences interconfessionnelles mettent en péril ce que M. Singh a qualifié de "fier héritage" d'une société multiethnique, multireligieuse et organisée en castes.
"Il y a des affrontements entre hindous, chrétiens, musulmans et groupes tribaux pour lesquels un climat de haine et de violence a été artificiellement provoqué et que des forces ont délibérément encouragé", a-t-il accusé.
Le chef du gouvernement fédéral, un sikh, avait déjà parlé de "honte nationale" à propos des violences antichrétiennes perpétrées "méthodiquement" par des extrémistes hindous depuis la fin août dans l'Etat de l'Orissa(est).
Depuis son indépendance le 15 août 1947 et sa Constitution du 26 janvier 1950, la République d'Inde est un pays laïc aux dizaines de langues officielles et milliers de groupes ethniques et religieux. Mais depuis la Partition sanglante de l'Empire britannique des Indes il y a 61 ans, l'histoire de l'Inde est également jalonnée d'émeutes interconfessionnelles et de tensions entre groupes sociaux.
Source: AFP