A l’heure du financement halal

11:11 - November 14, 2008
Code de l'info: 1707931
France(IQNA)- La finance islamique semble séduire tout le monde et la France, pays laïc qui compte près de 6 millions musulmans, serait prête à décréter des incitations fiscales pour attirer les banques islamiques sur son territoire.
Après la Grande-Bretagne qui a créé la première banque islamique en Europe, l’Hexagone suit le pas, puis l’Italie qui compte ouvrir sa première banque islamique en 2009.
Malgré la part faible de la finance islamique sur le marché –on l’estime à 14% seulement dans la région du Golfe-, elle a su capter l’attention sur la spécificité de ses produits. On estime son taux de pénétration à 11,9% à travers le monde. Son taux de croissance annuel varie entre 10 et 30% en fonction des classes d’actifs.
Selon une étude de Standard and Poor’s, dans les pays du Golf et l’Asie musulmane, principaux investisseurs dans ce genre de financement, 20% de la clientèle choisissent un produit financier islamique plutôt qu’un produit conventionnel.
Selon un rapport réalisé par Moody’s France, 60% de ces banques se trouvent au Golfe persique (hors Iran). Ils sont au nombre de 43 et sont majoritairement installés au Bahreïn (28 banques), considéré comme le hub régional de la finance islamique, malgré une part de marché ne dépassant pas 7%. Sur ce point, le Kuweït se place en première position dans la région avec 28% de part de marché et trois banques, suivi par l’Arabie Saoudite ayant une part de 26% et hébergeant également trois banques. L’Asie musulmane (Malaisie, Indonésie, Pakistan) attire 20 % de ces banques sur ces territoires. A elle seule, la Malaisie compte 15 banques islamiques, dont trois en provenance du Golfe.
Les chiffres rapportés sur les actifs gérés par la finance islamique dans le monde divergent allant de 256 millions de dollars, d’après un rapport du sénat français réalisé en octobre 2007, jusqu’à 500 et 700 millions de dollars, selon l’agence de notation Moody’s. La région du Moyen Orient capterait à elle seule 350 millions de dollars, suivie par l’Asie du Sud – Est (100 millions de dollars), l’Europe (20 millions de dollars) et l’Amérique du nord (10 millions de dollars), selon Moody’s France.
Le marché des sukuks est considéré comme le marché le plus actif de la finance islamique. On lui prévoit un volume d’émissions de 150 milliards de dollars à l’horizon 2012. Sous l’effet subprime, ce volume a connu un essor remarquable ces dernières années : les suskuks locaux se sont élevés à près de 20 milliards de dollars en 2007 ; les sukuks globaux à près de 37 milliards de dollars à la même année alors qu’ils étaient au dessous de 5 milliards de dollars en 2001. Selon Moody’s France, la Malaisie constitue le marché le plus dynamique. C’est un marché de gré à gré. On estime qu’elle a peu de sukuks cotés sur les marchés globaux, avec 66 milliards de dollars en stock.
En fait, l’essor que connaît aujourd’hui la finance islamique à l’échelle mondiale, peut être justifié par l’intérêt que lui accordent les banques occidentales qui sont en train de développer une gamme de produits financiers islamiques. Ajoutons à cela, la présence d’une importante communauté musulmane dans des pays comme la France, l’Italie et la Grande Bretagne auraient l’avantage de booster leur ouverture sur la finance islamique. D’autres pays comme le Japon et la Chine ont aussi manifesté leur intérêt à développer ce genre de financement.
Le précurseur en Europe était la Financial Services Authority, en Grande Bretagne, qui a déjà autorisée, depuis 2004, la création de la première banque islamique (Islamic Bank of Britain). Plusieurs autres banques conventionnelles se sont intéressées au phénomène en proposant des services financiers islamiques et en s’installant là où le marché de la finance islamique est plus promoteur. A l’exemple de HSBC Amanah, filiale du groupe anglais HSBC, fondée en 1998, qui s’est installée dans quatre pays musulmans, à savoir l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, la Malaise et l’Indonésie. Elle dispose également d’un Sharia supervision, chargée de contrôler la conformité des opérations financières.
Source: webmanagercenter
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