L'entretien avec Khalid Belkhadir, président du Conseil régional du culte musulman:
- Vous avez été élu le 9 juin à la tête du conseil régional du culte musulman. Qu'envisagez-vous de faire ?
-Khalid Belkhadir : C'est une mission difficile. La région représente six départements, dans lesquels j'ai décidé de nommer des délégués pour faciliter les contacts. On ne peut être partout. J'ai été élu avec 66% des voix et je dois représenter toutes les sensibilités. Le conseil joue un rôle intermédiaire entre la communauté musulmane, les élus, les autorités. Notre rôle est d'encadrer le culte musulman, de favoriser l'intégration dans le cadre républicain.
- Les musulmans s'apprêtent à fêter l'Aïd el kébir. Que représente cette fête ?
-K.B. : Elle dure officiellement trois jours, à partir de lundi, soit deux mois et dix jours après le ramadan. Cette fête est l'occasion d'effacer ses péchés, de les laver par le sang qui coule. C'est aussi le moment de la réconciliation pour ceux qui ne se parlent plus. Cela commence par une prière à la mosquée, avec un rappel de la tradition. Ensuite, on se dirige vers les sites d'abattage et l'après-midi est réservé à la visite de la famille. Mais seule, la prière du matin est obligatoire. On n'achète le mouton que si on en a les moyens. La tradition dit qu'on ne doit garder qu'un tiers, le reste étant destiné à ceux qui ne peuvent l'acheter.
- Y a-t-il assez d'abattoirs ?
K.B. : Non, il en manque, mais on a fait des progrès par rapport à il y a dix ans, notamment avec la création des sites d'abattage temporaires (ndlr, voir notre édition d'hier). Il a fallu convaincre les gens de les utiliser, pour éviter les risques sanitaires, se mettre en conformité avec les règlements, ce n'était pas gagné. La grande mosquée d'Avignon organise complètement l'Aïd en partenariat avec un site d'abattage. J'encourage à étendre cette solution. Dès l'an prochain, j'espère le faire à Carpentras.
- La mosquée a un rôle à jouer ?
K.B. : Oui, à travers les imams. Avant on ne se souciait pas des problèmes sanitaires, ni des normes européennes. Je suis favorable à tout ce qui réduit les risques pour les musulmans.
- Vous avez un projet d'extension de la mosquée. Pour quoi faire ?
K.B : Pour permettre d'accueillir plus de monde, pendant les fêtes, le ramadan. Nous sommes parfois à l'étroit. Il y aura une partie sur deux niveaux, l'étage étant réservé aux femmes, qui pourra communiquer avec la mosquée existante pour l'agrandir. Sinon, elle servira de salle polyvalente, pour les jeunes, pour les réunions. Il y aura aussi une cuisine et les familles qui n'ont pas les moyens pourront y organiser leurs fêtes de famille pour les naissances, les mariages.
Source: laprovence